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BIENVENUE CHEZ LES ROZES

Un film français de Francis Palluau
Avec Carole Bouquet
André Dujardin
Lorant Deutsch
André Wilms
et Michel Duchaussoy

TFM - 2003 - 1h30
LA GUERRE DES ROZES
Une comédie déjantée, drôle et cynique qui pêche pourtant par son manque de maîtrise. Heureusement, une galerie de personnages inoubliables rend l'ensemble assez jubilatoire.


Deux bandits évadés (malgré eux) croient trouver refuge, et quelques heures de répit, en poussant la porte du cossu pavillon de banlieue des Rozes, famille bourgeoise bien sous tous rapports : le mari (Pierre Wilms) est commerçant (caviste), la femme (Carole Bouquet) est au foyer (cuisinière hors pair, elle s’est faite une spécialité des macarons) et les enfants (un garçon et une fille, comme il se doit) sont modèles. Sauf que... Sauf que sous des dehors de normalité absolue, ces quatre-là sont totalement déjantés et que les preneurs d’otages (André Dujardin et Lorant Deutsch) se retrouvent rapidement manipulés par leurs victimes et embarqués dans des rebondissements aussi glauques que jubilatoires.

Un humour noir sans tabou

Spécialité anglaise immémoriale, cette forme d’humour noir sans tabou a toujours un peu de mal à trouver son public en France. Beaucoup d’atouts sont pourtant réunis dans ce film, à commencer par une distribution à contre-emploi particulièrement réussie. Carole Bouquet, au comportement totalement amoral derrière une façade de parfaite respectabilité ou André Wilms dans un registre assez proche (le notable tranquille et bon père de famille qui commet les pires atrocités avec une bonne conscience et un cynisme inaltérables) en sont les exemples parfaits.

Et pourtant, à l’exception de quelques scènes ou personnages (l’immense Dominique Pinon ou la fabuleuse Yolande Moreau) dispersés dans un film inégal, Francis Palluau a échoué dans son entreprise. S’il a su créer des rôles extraordinaires, s’il a su lâcher son écriture au point de proposer des dialogues d’une crudité, d’une spontanéité et d’une noirceur tout a fait réjouissantes, il n’a pas su structurer, construire solidement son film. Les acteurs semblent un peu livrés à eux-mêmes, le rythme se ralentit dangereusement par moments, le récit semble chercher une issue et, quand il la trouve, elle ressemble plus à une évasion qu’à une apothéose. Une évasion aussi peu maîtrisée que celle de nos deux "héros" de la première ligne.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2003
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