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     CiNéMa
 
LE DERNIER SAMOURAI

Un film américain de Edward Zwick
Avec Tom Cruise
Timothy Spall
et Ken Watanabe

Warner Bros - 2004 - 2h24
Une superproduction digne (ça n'est pas toujours le cas) qui a le mérite de l'originalité et de la qualité de réalisation d'un Edward Zwick inspiré.


Été 1876, une délégation japonaise se rend aux Etats-Unis pour s'adjoindre les services de quelques illustres vétérans de la guerre de Sécession et des guerres indiennes. L'objectif ? Comme pour tous les autres secteurs d'activité, faire entrer le Japon dans l'ère moderne en recrutant, partout dans le monde, les spécialistes les plus compétents. C'est ainsi que le Capitaine Nathan Algren (Tom Cruise) se retrouve embarqué dans une drôle d'aventure (former une armée nipponne digne de ce nom) qui va l'emmener d'abord de l'autre côté du Pacifique, le projeter ensuite dans une autre époque, celle des samouraïs.

Arrivé au Japon, il découvre que les ennemis du Premier Ministre Omura sont justement des rebelles samouraïs qui luttent contre l'occidentalisation de leur pays… et l'affairisme de ses dirigeants. Capturé dès la première bataille, le Capitaine Algren va découvrir et adhérer à cette noble cause.

Vous l'aurez compris, Tom Cruise sera le dernier samouraï. Le premier aussi… et même celui du milieu, voire tous les autres ! Tom Cruise est partout dans ce film démesuré : dans chaque scène, chaque plan, chaque réplique. Hanté par un passé cauchemardesque (les guerres indiennes ont été peu reluisantes pour l'armée Yankee), le Capitaine Algren va retrouver le sens des vraies valeurs au milieu de ces Japonais "traditionalistes"…

Malgré son gigantisme et sa morale sauve, impossible de rester insensible à cette superproduction qui se classe indéniablement dans le haut du panier des films de genre. Par son histoire originale d'abord. Par ses efforts méritoires pour ne pas insister trop lourdement sur les clichés habituels. Le choix du montage y est sans doute pour quelque chose. Plutôt que de se concentrer sur les scènes d'action (qui sont pourtant nombreuses et somptueuses), Edward Zwick a pris le temps de filmer la vie paisible des rebelles. Il n'a pas hésité à s'appesantir sur la vie domestique ou spirituelle, sur les travaux des champs ou l'entraînement permanent des samouraïs… C'est ce temps passé qui renforce l'épaisseur de son histoire et de ses personnages, qui donne à son film l'ambition qu'il revendique.

Pour autant, ne nous y trompons pas : si la surprise est bonne, Le dernier samouraï demeure un pur film d'action. Avec les qualités propres au genre (et même un peu plus) et les défauts inhérents…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Janvier 2004
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