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     CiNéMa
 
SAW 3

Un film américain de Darren Lynn Bousman
Avec Tobin Bell
Shawnee Smith
Bahar Soomek
Angus McFayden

Metropolitan Filmexport - 2006 - 1h45
Le premier n’était pas mal du tout. Un polar sombre et bien vicieux. Le second était une vaste fumisterie hystérique. Le troisième n’a strictement aucun intérêt, sauf si on est bricoleur de pièges tordus. Heureusement l’Etat s’en mêle et offre une publicité inédite à ce navet.


Jigsaw, le tueur du puzzle, n’a pas bien fait son boulot dans le précédent épisode. Il a raté quelques survivants. Donc Saw 3 débute sur l’élimination de deux personnages de Saw 2. Le premier se vide de son sang après s’être brisé le pied. Le second voit son thorax explosé dans l’un des pièges cruels de Jigsaw. C’est craspec et c’est ce que l’on attend de la franchise Saw.

Après cela, le tueur, agonisant et accompagné d’une jolie adjointe, fabrique un autre stratagème complexe pour faire la morale avec une nouvelle victime, qui découvrira à quel point elle est liée à Jigsaw.

Vous n’avez rien compris ? Ce n’est pas grave du tout. Ici, ce qui compte ce sont les jeux mortels proposés par le serial killer. Saw 3, c’est Fort Boyard version gore. Dans chaque pièce, le nouveau persécuté découvre une épreuve et décide du sort d’autres victimes. Une bonne femme se fait geler de la tête aux pieds. Un type manque de se noyer dans de la bidoche de cochon. Un black risque d’être écartelé… Et au milieu de cela, le tueur réclame qu’on lui trépane la tête à cause d’une grosse tumeur.

Le programme est chargé, sanglant et sans nuance. Bien sûr, les auteurs ont réservé des twists, mais ils sont complètement débiles et peinent à justifier le spectacle, moralement douteux. C’est ce mélange de gore et d’apologie de la vengeance qui aurait poussé notre ministre de la culture à interdire le film au moins de 18 ans.

Une décision aussi stupide que le film ! D’abord, Saw 3 n’avait pas besoin d’une telle publicité. L’interdiction va quand même attirer du monde et faire chauffer les sites de téléchargement. Ensuite, Saw 3 dépeint une violence de bande dessinée, tellement énorme qu’elle n’est pas crédible. Enfin, classer X une œuvre pour sa violence graphique est un cas nouveau et inquiétant. Le débat sur l’ordre moral et la liberté d’expression va reprendre, mais c’est bien dommage que ce soit pour un tel nanar.

Ce que l’état appelle "classification" veut réellement dire "censure". Maintenant on sait à quoi s’attendre et c’est bien triste de prendre les spectateurs pour des irresponsables influençables. Aux violences hypertrophiées d’un navet, la réponse est celle d’atrophiés du citron !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Décembre 2006
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