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     CiNéMa
 
A SCANNER DARKLY

Un film américain de Richard Linklater
Avec Keanu Reeves
Winona Ryder
Robert Downey Jr
et Woody Harrelson

Warner Bros - 2006 - 1h50
Blade runner, Minority report, Paycheck… Philip K. Dick est un auteur (tardivement) en vogue à Hollywood : les adaptations de son œuvre viennent souvent de réalisateurs qui lui vouent une sincère admiration et s’attachent à ne pas trahir le maître.

Ainsi en est-il de Richard Linklater qui, en travaillant sur Substance mort (le titre de la traduction française, disponible en Folio SF) a cherché à restituer l’univers paranoïaque de Dick en respectant l’esprit de son roman.

De ce point de vue, A scanner darkly est une belle réussite, encore accentuée par le traitement original de l’image adopté par le réalisateur. Tournées en numérique, les prises de vues des acteurs et des décors sont ensuite retouchées par des vidéastes utilisant un logiciel d’animation déjà utilisé par Linklater, il y a cinq ans, pour son film Walking life (avec Julie Delpy et Ethan Hawke).

Malheureusement, le scénario lui-même, exagérément confus, embarque le spectateur dans les méandres embrumés de junkies lourdement chargés et dans la suspicion maladive d’un appareil policier aux abois.

Il faut dire que l’heure est grave, en ce début de XXIe siècle. À Orange County, comme dans le reste de l’Amérique, plus de 20 % de la population est accro à une drogue redoutable nommée Substance D. Fred (Keanu Reeves), agent des stups, est chargé d’infiltrer une petite communauté soupçonnée de trafiquer (Winona Ryder, Robert Downey Jr et Woody Harrelson). Par mesure de sécurité (et grâce à un dispositif étonnant dont on ne dévoilera rien ici) personne ne connaît son apparence réelle, pas plus que lui-même ne connaît l’apparence de ses collègues…

L’enquête de Fred et les tribulations de la "joyeuse" bande de camés ne manquent pas de sel, mais l’on peine à rester accroché (sic) à une narration confuse que l’on se surprend à abandonner au profit d’une observation attentive (et admirative) de l’image produite pas Richard Linklater. Frustrant…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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