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MONSIEUR SCHMIDT

Un film américain de Alexander Payne
Avec Jack Nicholson

Metropolitan - 2003 - 2h05
Pour Warren Schmidt, l’heure de la retraite a sonné. Et que reste-t-il de son travail ? Des cartons bientôt bazardés. À 66 ans, Monsieur Schmidt est morose et sa vie baigne dans la médiocrité. Le tableau que dépeint Alexander Payne est celui d’une Amérique de plouc où les gens traînent leur ennui. Un monde envahi par les bibelots et les choses sans intérêt. Nous comprenons alors Monsieur Schmidt qui entretient une correspondance avec Ndugu, un enfant Tanzanien parrainé par une organisation humanitaire. Cette correspondance lui sert d’exutoire.

Quand sa femme meurt, Monsieur Schmidt, qui se sentait seul auparavant, devient réellement seul. Il part alors vers son seul point d’ancrage, sa fille Jeannie (Hope Davis) qui va se marier avec un crétin fini. Il s’embarque pour un voyage sans enjeux sur les terres du Nebraska.

Les amateurs de grisaille, ceux qui considèrent que la vie n’a pas de sens et qu’il y a bien peu de choses à quoi se raccrocher, vont être comblés (si l’on excepte la fin du film). Ceux qui pensent que les Etats-Unis sont la patrie des gros cons et des beaufs, seront confortés dans leur croyance.

Cela pourrait être caustique. Si cela avait été filmé par Robert Altman, l’ironie aurait pu être décapante. Il n’en est rien. Terrassé par ce qu’il veut critiquer, Alexander Payne loupe sa cible. Et les mésaventures de Monsieur Schmidt finissent par nous peser. Un retraité médiocre (fut-il joué par Nicholson) ne peut pas nous emmener bien loin.

Là où le cinéma devient intéressant, c’est lorsqu’il décide de quitter les lieux qui emprisonnent son imaginaire. Dans Avanti, un magnifique film de Billy Wilder, un médiocre interprété par Jack Lemmon part enterrer son père mort en Sicile. Il découvre que ce dernier avait une vie secrète et, peu à peu, il est touché par la grâce. Il est transfiguré par l’amour et par l’Italie. Dans Monsieur Schmidt, Jack Nicholson est la proie de Kathy Bates dans un jacuzzi et il n’en sort pas vraiment transfiguré. Le spectateur non plus.

Un mot sur Nicholson. Il s’agit d’un magnifique cabot et le film vaut le coup pour lui et par lui. En effet, Nicholson qu’il en fasse des tonnes, dans d’autres films, où qu’il soit tout en retenue et en intériorité, comme ici, est un acteur expressionniste et le moindre haussement de ses sourcils est une œuvre d’art.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mars 2003
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