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     CiNéMa
 
SCOOP

Un film américain de Woody Allen
avec Scarlett Johansson
Hugh Jackman
et Woody Allen

TFM - 2006 - 1h36
Sondra Plansky voudrait être journaliste d’investigation, seulement voilà, elle ne l’est pas. De passage à Londres, elle assiste au spectacle du magicien Splendini qui l’invite à monter sur scène afin de la faire "disparaître" dans un coffre. Alors qu’elle est enfermée dans cette boîte, Sondra voit apparaître le spectre du grand reporter Joe Strombel, récemment décédé. Celui-ci lui révèle qu’il vient de découvrir l’identité du "Tueur au tarot", assassin qui sévit dans les milieux de la prostitution londonienne. Chargée d’enquêter sur lui, Sondra embarque Splendini dans une aventure mondaine où elle va nécessairement tomber dans les bras du tueur présumé : le beau Peter Lyman.

La précédente idylle du monstre Allen avec Londres a laissé des marques indélébiles. Match point ressemblait à un renouveau inattendu dans une filmographie qui, si enviable soit-elle, enchaînait depuis quelques temps les insuccès. Autant le dire tout de suite, Scoop n’atteint pas la profondeur volubile de Match point.

Allen signe là un retour à la comédie hitchcockienne dont il nous avait régalé en 1993 avec Meurtre mystérieux à Manhattan, excitante reconstruction de Fenêtre sur cour. En reprenant l’enquête fantasmatique de deux personnages qui s’ennuient dans leurs existences manquées (le magicien foireux jouant de sa maladresse scénique pour faire rire le public, et la jolie étudiante sans talent jouant de ses charmes pour arriver à ses fins), Allen tente de faire sa version de Frenzy.

Que préfère-t-on chez Woody Allen ? Ses drames (Maris et femmes, Intérieurs, Stardust memory), ses comédies réussies (Coups de feu sur Broadway, Radio days, Hollywood ending) ou ses loufoqueries tout azimut (Harry dans tous ses états, Woody et les robots, Escrocs mais pas trop - saloperies de titres français) ? La parade slalomante à laquelle se livre le New-yorkais depuis près de quarante ans nous laisse perpétuellement indécis. Il est vrai que Scoop n’a pas l’impressionnante fraîcheur de Match point. Là où Match point se livrait à de profonds portraits, Scoop reprend les "facilités" codifiées du comique de situation allenien. Mais est-ce pour autant reprochable ?

Disons que c’est sans surprise, un peu comme ces vieux couples dont le mari fait toujours rire la femme avec un comique de répétition plutôt talentueux.

Il n’en reste pas moins que le mari en question a toujours su s’entourer. Scarlett Johansson n’a rien à envier à Diane Keaton (si tant est qu’elle dure dans le temps autant que l’ancienne égérie). Quant à Hugh Jackman, il campe là un lord anglais des plus classieux (rien à voir avec son déguisement de Kate & Leopold) loin de la stature habituelle du super-héros (quelqu’un pensera-t-il à lui offrir le rôle d’un Clint Eastwood jeune ?).

En bref, Scoop est un Woody Allen de plus. Pas moins marquant qu’un autre. Mais tout de même surprenant pour un bonhomme de 70 piges qui tourne deux films par ans.


Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Novembre 2006
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