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     CiNéMa
 
A LA PETITE SEMAINE

Un film français de Sam Karmann
Avec Gérard Lanvin
Jacques Gamblin
et Clovis Cornillac

Mars Distribution - 2003 - 1h40
Quand Jacques (Gérard Lanvin) sort de Fleury, il repasse forcément par le bistrot de Roger saluer ses vieux potes. Pas pour "renquiller", il a décidé une fois pour toutes de se ranger, mais par fidélité et amitié sincère. A 50 ans, il a tout perdu : sa femme, son boulot… et le retour à la vie civile n’est pas simple après 5 ans de prison. D’autant que Francis (Jacques Gamblin), la quarantaine mais vivant toujours chez sa mère, lui voue une admiration sans borne et l’attend pour une "affaire" en or, en association avec Didier (Clovis Cornillac), un peu plus jeune, plus fou, plus flambeur…

Pour son deuxième film (après Kennedy et moi), Sam Karmann tape fort et juste en choisissant de concentrer son attention et son talent sur des personnages terriblement réussis. Ce n’est pas le coup en préparation qui importe ici, mais plutôt la personnalité, le fonctionnement, le langage, le quotidien de ces hommes et femmes à la fois ancrés dans le présent et tellement attachés au passé. Chez Roger, il n’est pas question de drogue ou de gros coup. Non, c’est plutôt la délinquance à la petite semaine, justement, qui fait loi. On fourgue quelques bijoux volés, on traficote à droite à gauche, on joue un peu (poker, chevaux…), mais surtout on émarge au RMI et à l’assurance chômage.

Cette dimension humaine touche au cœur parce qu’elle n’a rien d’artificiel. Dans leurs faiblesses et leurs contradictions, les personnages sont beaux et le film sonne juste. Les dialogues sont écrits au millimètre et l’on rit souvent aux réparties, aux engueulades et aux quiproquos. Mais on pleure aussi aux destinées inexorables. Jacques Gamblin épate par son mélange de fragilité et de détermination, de sensibilité et de rudesse. Clovis Cornillac éclabousse de talent ce film qui ne lui donne pas le beau rôle. Et Gérard Lanvin en enfilant le pardessus du sage et du taiseux, incarne un rôle que Gabin n’aurait pas dédaigné.

Il y a longtemps que l’on n’avait pas vu un film français de cette épaisseur, de cette drôlerie et de cette noirceur. Play it again Sam !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juillet 2003
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