Un film américain de Christopher Smith
Avec Laura Harris
Dan Dyer
Toby Stephens
Tim McInnerny
La Fabrique à Films - 2006 - 1h30
Décidément
les salariés sont les victimes de scénaristes à
la recherche de sensations fortes. Après le roublard Fair-play,
le théâtral La méthode, voici le sanglant Severance.
Si le film voulait dynamiter le monde de l’entreprise, il offre
surtout un beau jeu de massacre old school.
Les meilleurs employés d’une entreprise d’armement
sont invités à un week end "team building"
en Europe de l’Est. S’ils s’agacent de découvrir
un séjour assez mal organisé, ils vont vite se mettre
à trembler. Ils sont installés sur le territoire d’une
bande de militaires pas remis de la fin du communisme et sacrément
dégénérés…
La trame est simple, claire et codifié. Le film nous invite
à la sanglante éviction de l’ensemble du casting.
Les fous furieux aiment tendre des pièges, torturer et zigouiller
avec une vraie efficacité. Le réalisateur, Christopher
Smith chasse sur les terres de Délivrance (et le sous-genre
qui en découle, le survival) et supporte la comparaison.
Quelques scènes sont haletantes et on ne lésine pas
sur l’hémoglobine dans Severance. Après le culotté
Creep, Smith confirme son goût pour l’horreur sans détour.
Cette fois-ci, il se permet même de réussir une comédie
noire.
Depuis Scream, l’humour est venu parasiter l’angoisse.
La blague depuis quelque temps, évite au spectateur le moindre
frisson. Ici, l’humour ne désamorce pas l’horreur.
Le ton est ironique. Le réalisateur filme tout en décalage.
L’utilisation de la musique est, à ce niveau, très
drôle.
Il est un peu dommage que les auteurs oublient la satire du monde
du travail. Bien sûr, les protagonistes représentent
un panier de crabes pertinent. Evidemment, l’esprit vaniteux
des compagnies est épinglé. Mais le réalisateur
préfère le côté horrifique de son film.
Il n’a pas tort. Severance est une série B assumée
et corrosive. C’est du bon boulot. Christopher Smith mérite
le titre d’employé du mois !