Un film américain de Alexander Payne
Avec Paul Giamatti
Thomas Haden Church
Virginia Madsen
Sandra Oh
et Marylouise Burke
20th Century Fox - 2005 - 2h04
Un
personnage qui aime le vin, le cinéma et la littérature.
Un film qui vous donne envie de boire des grands crus et d’aimer
tant qu’il est encore temps. De quoi pardonner quelques
défauts.
Sideways est la preuve qu’un bon scénario et d’excellents
acteurs rattrapent un film à la mise en scène
plan-plan.
En effet, La mise en scène ne brille pas par son originalité
ni par ses partis pris. Quand l’écran se découpe
comme dans la série télé 24 heures chrono,
on se demande bien pourquoi ? Et ne parlons pas de l’infâme
musiquette vaguement jazzy, omniprésente et qui alourdit
la première partie du film.
Malgré ces défauts, ce film est enthousiasmant
pour quelques bonnes raisons. On y voit des quadragénaires
qui n’ont pas franchement réussi, des femmes qui
ont du caractère. Les acteurs sont soit de très
bons seconds rôles (Paul Giamatti), soit des stars sur
le retour (Virginia Madsen). Nous nous trouvons dans un cinéma
d’adultes qui fait la part belle aux rêveurs et
aux loosers. Ces personnages que nous avons appris à
aimer dans le cinéma indépendant, chez John Cassavetes
comme chez Woody Allen.
L’histoire est celle de deux potes. Miles et Jack. Jack
se marie à la fin de la semaine et Miles l’emmène
faire la tournée des vignobles californiens, histoire
d’enterrer sa vie de célibataire. Jack est un acteur
qui a tourné dans des séries télévisées
et dans des publicités. Il n’a jamais percé
et attend surtout de cette virée de pouvoir coucher avec
de chouettes filles avant le mariage. Miles est professeur de
lettres. Il écrit, mais aucun de ses romans n’a
été publié. Il est divorcé depuis
un an, dépressif et boit beaucoup trop.
Ces deux-là vont rencontrer Stéphanie et Maya,
deux femmes libres qui aiment le vin et qui pourraient chacune
devenir la femme de leur vie.
À une première partie un peu lente, succède
une seconde partie qui vous file un blues carabiné tout
en distillant d’intenses moments de bonheur. Paul Giamatti
se révèle un des plus formidables comédiens
qui soit, triste et profondément humain. Thomas Haden
Church joue en subtilité un personnage qui aurait pu
être tout d’une pièce. Virgina Madsen a rendu
amoureux le chroniqueur qui hurle à la lune qu’il
veut connaître une femme aussi lumineuse qu’elle.
Sandra Oh, enfin, fait preuve d’un beau tempérament.
Le film est porté très haut par ce quatuor de
grands acteurs.
Le scénario, tiré d’un roman, est dense
et subtil. Quant à la question centrale du film : pourquoi
faut-il préférer un Pinot à un Chardonnay
? Je vous laisse découvrir la réponse dans ce
film à la robe chatoyante, au bouquet ambré et
dont l’arrière-goût amer en fait le charme.