Un film américain de Andrew Niccol
Avec Al Pacino
et Rachel Roberts
Metropolitan - 2002 - 1h55
Viktor,
vieux réalisateur sur le retour, est las du monde du cinéma,
des caprices des stars et des exigences mercantiles des studios. Un
nouvel échec et cest la porte. Echec qui pointe son nez
avec le départ tonitruant, en plein tournage, de la vedette
de son dernier film. Aux grands maux les grands remèdes : Viktor
expérimente en secret une innovation technique tombée
du ciel : lactrice virtuelle dénommée Simone (pour
Simulation one).
Sous couvert dune comédie (franchement drôle),
Andrew Niccol décortique le fonctionnement de notre société
fascinée par lapparence, la beauté, la richesse,
la gloire. Miroir aux alouettes moderne, le cinéma est le parfait
catalyseur de cette fascination.
Cynisme total des studios et des médias prêts, pour vendre
du papier ou de laudience, à créer et cautionner
nimporte quel phénomène de mode. Idolâtrie
et suivisme aveugle du public près à avaler tout ce
quon lui propose sans jamais faire preuve desprit critique.
Simone est loccasion dépingler ces travers bien
réels de nos comportements de masse. On appréciera,
par exemple, le concert géant donné, devant quelques
dizaines de milliers de spectateurs enthousiastes, par lhologramme
de Simone reprenant avec conviction le standard dAretha Franklin
"You make me feel a natural woman". Savoureux...
Ainsi, après un Bienvenue à Gattaca aussi réussi
quoppressant, Andrew Niccol prouve que lon peut aussi
traiter de sujets profonds avec un humour dautant plus efficace
quil est utilisé à bon escient. Porté à
bout de bras par un Al Paccino des grands jours, croisement improbable
de Colombo et de De Niro, Simone fonctionne parfaitement. Et même
si la fin du film, entre ultime rebondissement et happy end, est un
peu plus faible, lensemble mérite largement le détour
et la réflexion salutaire qui sensuit.