Un film américain
de Steven Soderbergh
Avec George Clooney
Natascha McElhone
Jeremy Davies
et Viola Davis
UFD - 2003 - 1h34
Il
est des noms, sur la planète Cinéma, qui sonnent comme
des étendards, des garants dune certaine qualité,
dun certain respect du public, dune certaine exigence
esthétique et intellectuelle. Parmi ceux-là, on peut
ranger sans hésiter Steven Soderbergh et George Clooney. Le
premier pour la plupart des films quil a signé depuis
Sexe, mensonges et vidéo jusquà Oceans
eleven en passant par Traffic
et Erin Brokovitch.
Le second pour sa carrière atypique et tardive débutée
à la télévision et jalonnée, depuis, de
rôles convaincants le plus souvent.
Et pourtant, sauf le respect que lon doit à ces deux-là,
Solaris, leur dernière uvre commune sera forcément
pointée comme un maillon faible de leur filmographie, lorsque
lheure des comptes sera venue.
Solaris est une planète étrange, observée par
une équipe de scientifiques embarqués dans une station
spatiale en orbite autour delle. Mais entre état dépressif
et tendances suicidaires de ses membres, il se passe des choses inexplicables
à bord de la station. La compagnie qui lexploite décide
alors denvoyer un psy à bord (George Clooney) pour aider
léquipage à résoudre ses problèmes.
En arrivant, il découvre une station plus morte que vive et,
interrogeant le premier occupant (passablement dérangé)
quil rencontre, il sentend répondre : "Je
pourrais vous dire ce qui se passe ici, mais, en fait, ça ne
vous expliquerais pas ce qui se passe ici (sic)". À mon
tour, je pourrais tenter de vous décrire ce qui se passe dans
ce film, mais je vous assure que ça ne vous aiderais en rien
à comprendre ce qui sy passe...
Dans latmosphère lourde, claustrophobe et saturée
dun pseudo-suspense à base de métaphysique philosophico-religieuse,
le film se traîne du début à la fin dans une langueur
esthétisante des plus exaspérante. En sessayant
au remake (Andrei Tarkowski avait déjà donné
sa version du roman de science-fiction de Stanislaw Lem), Soderbergh
a surtout dû satisfaire une envie personnelle : celle de réaliser
le premier 2001, Odyssée de lespace du XXIe siècle.
Certes, son vaisseau spatial dun blanc immaculé (à
quelques traces sanglantes près) est particulièrement
réussi, mais le reste, tout le reste, est particulièrement
indigeste !
Et puisquil est question du chef duvre de Stanley
Kubrick, sans lombre dun doute, la meilleure chose à
faire cette semaine est de séviter toute tentation de
Solaris pour se replonger avec délectation dans son Odyssée...