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THE SOUL OF MAN

Un documentaire américain
de Wim Wenders

Bac Films - 2004 - 1h43
Sponsorisé par l’entreprise Prozac, un film plus intéressant par ce qu’il évoque que par ce qu’il raconte.


Si vous êtes sous antidépresseurs et que cela ne vous empêche pas d’aller voir un film plein de tristes trajectoires et de musique, ce film est pour vous !

Martin Scorsese a initié une série de six films autour du blues. Clint Eastwood et Mike Figgis ont été sollicités. Wim Wenders est le premier à rendre sa copie. The soul of a man est un documentaire de 1h45 retraçant le parcours de 3 bluesmen : Blind Willie Johnson, Skip James et JB Lenoir.

Pour les 2 premiers, Wenders a recréé leurs trajectoires en filmant l’Amérique de la dépression. Pour le 3e, il a retrouvé un film d’amateur tourné par un couple américano-suédois au milieu des années 60. Le film procède d’une logique binaire : le réalisateur recrée une saynète dans laquelle Skip James ou Blind Willie Johnson chantent un de leurs classiques. Ensuite un musicien d’aujourd’hui reprend et souvent transcende le titre.

Et là, il faut bien reconnaître que papy Wenders nous bluffe. Le casting est impeccable : Nick Cave, Lou Reed, Garland Jeffreys, Bonnie Raitt, Jon Spencer and the Blues Explosion, Cassandra Wilson, Beck. Souvent, les titres d’époque n’apparaissent que comme des démos auxquelles la crème des musiciens donne chair.

Le narrateur du film est Blind Willie Johnson. Lawrence Fishburne lui prête sa voix. Il nous parle depuis la navette Voyager partie aux confins de l’espace depuis 1977 pour apporter un florilège de notre culture aux habitants de planètes lointaines. On a l’impression que l’auteur de Paris Texas s’est lui aussi satellisé dans les hautes sphères pour réaliser un film en état d’apesanteur.

Indéniablement intéressant lorsqu’il évoque la situation des noirs aux Etats-Unis par des images d’archive choisies, où quand il raconte la vie terrible de ses trois musiciens, Wenders est incapable de faire vivre ou vibrer ce qu’il nous montre. À l’écran, les scènes défilent et pour peu que votre nuit ait été courte, vos paupières se font lourdes, lourdes...

Les vieillards pétillants de vie du Buena Vista Social Club apportaient au neurasthénique Wim une pèche d’enfer. Ici, le blues basique de ses héros vous rend tout chose. Allez ! Une tisane et au lit !

Pour la première fois de sa vie, le chroniqueur s’est dit qu’il aurait préféré acheter le DVD plutôt que de voir le film. Dans le DVD, on peut penser qu’il y aura l’intégralité des morceaux interprétés par Lou Reed et compagnie (dans le film, nous avons droit à deux minutes maxi par interprète). Dans le DVD, Wenders nous expliquera sûrement ce qu’il a voulu faire. À défaut du DVD, on peut acheter la bande originale du film. C’est franchement sa valeur ajoutée.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2004
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