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     CiNéMa
 
SPANGLISH

Un film américain de James L. Brooks
Avec Tea Leoni
Adam Sandler
Anne Bancroft
Paz Vega
et Cloris Leachman

Tristar Films - 2005 - 2h12
Une comédie (sensément) romantique de plus qui rate totalement sa cible et dont il ne reste, à l'arrivée, qu'une sorte d'autosatisfaction patriotique dont l'Amérique n'a pas besoin. Nous non plus d'ailleurs !


Voilà ce qu'il convient d'appeler un film édifiant que l'on pourrait résumer par : l'Amérique est le plus beau pays du monde. La preuve ? Flor Moreno qui élève seule sa petite Cristina (décidément, les latinos, pour faire les gosses, ça va, mais quand il s'agit de les élever, y a plus personne !) n'imagine pas que sa fille puisse grandir au Mexique et décide donc d'émigrer pour lui offrir une chance dans la vie (dixit) ! Et comme les Américains sont des gens merveilleux (même s'ils sont aussi quelquefois gentiment excentriques), elle trouve à s'employer dans une famille (très) aisée avec laquelle tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. The end. 2h12 montre en main.

"Mais… c'est tout ?" vous interrogez-vous. Oui, à peu près. À moins que vous ne vouliez que je vous dise qu'Adam Sandler y tiens le premier rôle masculin, une sorte de gendre idéal sensé être romantique (il est Chef étoilé : quatre d'un coup après le passage du critique gastronomique du Times… Ça dépote aux States !), que sa belle-mère est une ancienne chanteuse à succès un peu portée sur la boisson et que son épouse…

Mais à quoi bon ? Spanglish est un ramassis de clichés éculés sur la manière dont les Américains imaginent le monde : confit d'admiration pour leur grandeur. Et comme si le sujet était suffisant, personne sur ce film n'a semblé juger nécessaire de faire un effort sur le scénario ou la photographie. On se contente donc de sauter de villa somptueuse en villa somptueuse et de quartier résidentiel en école privée.

Et surtout, on ressort écœuré par tant de pseudos bons sentiments écœurants, d'autosatisfaction décervelée, de vacuité même pas assumée puisque inconsciente. Bref, le pire du cinéma d'outre-Atlantique.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2005
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