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SPIDER

Un film canadien de David Cronenberg
Avec Ralph Fiennes
Gabriel Byrne
et Miranda Richardson

Metropolitan - 2002 - 1h38
Que ce soit avec Videodrome (1982) ou encore, plus récemment, avec Crash et Existenz, on ne peut pas dire que David Cronenberg nous ait habitué aux œuvres consensuelles.

Dans son dernier opus, vous ne trouverez pourtant pas d’effets spéciaux spectaculaires, vous ne serez pas non plus plongé dans un futur décadent ou apocalyptique. Non, rien de tout cela. Vous partagerez simplement l’univers de Spider, vous côtoierez sa folie et c’est peut-être le plus impressionnant des effets spéciaux jamais réalisés par ce cinéaste si singulier.

Le ton est donné dès le générique avec des dessins tirés du célèbre test de Rorschach : une atmosphère toute psychiatrique. Plan sur un quai de gare où se pressent les voyageurs, vite occupés à s’activer. Lentement et manquant d’assurance, un homme sort du train, c’est Ralph Fiennes, tête baissée, dos courbé, hésitant dans sa démarche comme un enfant qui aurait grandi trop vite et qui ne saurait pas comment habiter son corps d’adulte. Après plusieurs années d’internement psychiatrique Spider rejoint un foyer de réinsertion dans l’Est londonien, à quelques rues de la maison de son enfance.

Très vite on comprend que c’est dans ce quartier qu’il y a des années le jeune Spider a vécu un traumatisme. C’est en secret, sur le coin d’une commode, qu’il remplit son journal dans lequel il note, au fur et à mesure que les souvenirs refont surface, les détails de ce drame. Sa mère si douce, son père si lointain, la grosse pouffe d’Yvonne. Puis le meurtre de maman, la venue d’Yvonne dans la maison conjugale et... Tout revient, tout.

Cronenberg nous fait rentrer pas à pas dans l’esprit dérangé, donc dérangeant, de Spider. Il nous balance entre réalité et fantasme avec une narration qui a perdu ses repères. C’est votre empathie qui est sollicitée, c’est pourquoi tout comme Spider, vous serez anéanti une fois la vérité dévoilée. La rigueur de la mise en scène, la sobriété du récit et l’ambition du sujet font de Spider une véritable réussite et annonce chez David Cronenberg une maturité pleinement assumée.


Maxime Maillard
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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