Un film français de Coline Serreau
Avec Artus de Penguern
Muriel Robin
Jean-Pierre Darroussin
Pascal Légitimus
Nicolas Cazalé
et Marie Bunel
UGC - 2005 - 1h52
La
bonne surprise de la semaine : une comédie dont on n’attendait
pas grand-chose et qui, finalement, offre beaucoup… d’humanité.
Même si on a quelquefois besoin de se détendre
un peu, il faut bien avouer que prendre place dans son fauteuil
de cinéma pour découvrir le nouveau film de Coline
Serreau dont on sait qu’il va nous mettre dans les pas
d’un groupe de pèlerins en route pour Saint Jacques
de Compostelle, ne se fait pas sans une certaine appréhension.
C’est que les groupes en vacances, on a déjà
donné. De la saga des Bronzés aux Randonneurs
de Philippe Harel, on en a vu du pays…
Et pourtant Saint Jacques… La Mecque a réussi à
nous faire rire. À nous émouvoir aussi. D’abord
grâce à un casting particulièrement soigné
qui ne s’est pas cru obligé de recruter son quota
de "vedettes" de la télé ; ensuite par
les vertus d’un scénario qui, de prétexte
au départ (deux frères et une sœur qui se
détestent cordialement sont contraints, pour toucher
l’héritage de leur mère, d’effectuer
ensemble le pèlerinage à Saint Jacques) sait évoluer
intelligemment ; enfin par le pouvoir d’évocation
de personnages aussi divers que variés, mais tous porteurs
d’une histoire personnelle forte.
Ce grand brassage des générations, des cultures
et des religions donne vie à un film à la fois
drôle, léger, tendre, violent, cruel et injuste.
Comme la vie. Alors on peut toujours faire la fine bouche et
trouver trop de ceci ou pas assez de cela, reprocher telle facilité
ou ne pas aimer telle scène. Mais la vérité
est ailleurs, dans la capacité de certains réalisateurs
(réalisatrice en l’occurrence) à peindre
une époque au travers d’une situation donnée.
C’est le cas de Coline Serreau avec trois films aussi
différents que Trois hommes et un couffin, Chaos
et aujourd’hui Saint Jacques… La Mecque.