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     CiNéMa
 
TAIS-TOI !

Un film français de Francis Veber
Avec Gérard Depardieu
Jean Reno
André Dussollier
et Richard Berry

UFD - 2003 - 1h25
LE RETOUR DE PIGNON
La nouvelle réalisation de Francis Veber met en scène deux monstres du cinéma français, Reno/Depardieu, pour un résultat à la hauteur de nos espérances.


Muré dans son silence, Ruby, gangster froid et solitaire, ne cultive que l’espoir de pouvoir tuer l’homme qui a commandité l’assassinat de sa jeune compagne. Rien ne peut le faire parler. Quentin, benêt digne du Guinness Book, n’est devenu bandit que par la nécessité de survivre. La prison sera le lieu de leur rencontre, inopinée ou forcée, mais le gentil Quentin pourra-t-il arrêter la détermination vengeresse de Ruby ?

Depardieu, le nouveau François Pignon ?

Cher à Veber, le mythique personnage de François Pignon revient sur les écrans. Le décrire serait une hérésie puisqu’il y a autant de traits de caractère que d’acteurs qui ont endossé ce personnage.

Nous retiendrons tout de même l’impertinence de Jacques Brel (L’emmerdeur - 1973), la maladresse touchante mais exaspérante de Pierre Richard (Le grand blond avec une chaussure noire - 1972, La chèvre - 1981, Les Compères - 1983, Les Fugitifs - 1986), la stupidité écrasante de l’excellentissime Jacques Villeret (Le Dîner de cons - 1998) et la gentillesse légendaire de Daniel Auteuil (Le Placard - 2001).

Fort de toutes ces apparitions, le personnage a évolué et donne aujourd’hui Quentin, de Montargis. Savant mélange d’humour, de tendresse et de crétinerie, Gérard Depardieu surprend dans son interprétation, mais quelques instants lui suffisent pour qu’il crève l’écran, face à un Jean Reno contrebalancier de l’humour du film, à la hauteur de la prestation de son comparse.

Une mécanique bien rôdée

L’erreur de Veber est de croire que l’interprétation du duo (réunis pour la première fois à l’écran) porterait Tais toi ! dans les hautes sphères de la comédie à la française. La faiblesse du scénario se ressent fortement dans la seconde partie du film, où d’excellents gags et des dialogues irrésistibles masquent mal les lourdeurs de l’intrigue.

Cependant, la mécanique extrêmement bien rôdée de Veber donne la fluidité nécessaire à l’amusement du spectateur, du sourire au coin des lèvres à l’éclat de rire. Une heure trente de bonheur et de rire : qui serait assez benêt pour ne pas en profiter ? Quentin, de Montargis ? Pas vous, en tout cas !


Dinesh Singh
© Jowebzine.com - Octobre 2003

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