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LE TERMINAL

Un film américain de Steven Spielberg
Avec Tom Hanks
Catherine Zeta-Jones
et Stanley Tucci

UIP - 2004 - 2h08
Vol (de) 8,90 euros à destination de la désillusion. Une fable contemporaine inspirée d’un fait divers racontée avec lourdeur par la caméra de Spielberg et interprétée par un Hanks au meilleur de sa forme.


Viktor Navorski est l'un de ces milliers de touristes, venus des quatre coins du monde, qui débarquent chaque jour à l'aéroport JFK de New York. Mais, à quelques heures de son arrivée, voilà qu'un coup d'État bouleverse sa petite république d'Europe Centrale, mettant celle-ci au ban des nations et faisant de Viktor... un apatride. Les portes de l'Amérique se ferment devant lui, alors même que se bouclent les frontières de son pays : Viktor est bel et bien coincé...

Un point de départ pourtant prometteur


Karim Nasser Miran, réfugié iranien et véritable apatride, a erré pendant de longues années dans l’enceinte de l’aéroport de Charles-de-Gaulle. C’est ce dernier, acceptant une indemnisation de la part de la production qui lui permettra de refaire sa vie au Canada, qui a inspiré les scénaristes du Terminal.

Pour une histoire peu exploitée au cinéma, avec à l’affiche un acteur doté de rares qualités (Tom Hanks), cela devait être un point de départ idéal…
Malheureusement, le scénario en a décidé autrement : les lenteurs entre les scénettes burlesques sont accentuées par une caméra insistante et une bande originale oppressante. Malgré le jeu riche et touchant de Tom Hanks, Spielberg peine à conter sa belle fable, s’enlisant dans des redondances et des circonvolutions inutiles.

D’ailleurs, la comédie dramatique aurait pu être moins aseptisée et moraliste si l’histoire ne se transformait pas, comme par enchantement, en long plaidoyer contre le racisme et la xénophobie purement américaine : pour Spielberg, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… même les méchants ont du cœur, c’est dire !

Bien que le décor soit somptueux, la photographie irréprochable et les acteurs à la hauteur, tous les efforts du réalisateur restent vains : une piètre production, non pas dans sa réalisation intrinsèque, mais dans sa finalité. À regarder donc exclusivement en vidéo, par une longue soirée d’hiver, seulement si les chaînes hertziennes ne proposent rien de viable… ou seulement de la téléréalité.


Dinesh Singh
© Jowebzine.com - Octobre 2004
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