Un film italien de Roberto Benigni
Avec Nicoletta Braschi
Roberto Benigni
et Jean Reno
Pathé Distribution - 2005 - 1h55
Tel
qu’en lui-même, Roberto Benigni s’agite beaucoup
pour nous attendrir et nous amuser, mais prend le risque de fatiguer
un public pourtant acquis.
Attilio (Roberto Benigni), poète romain, est amoureux fou de
Vittoria (Nicoletta Braschi). Il rêve toutes les nuits de l'épouser,
mais elle le repousse toujours. Pourtant, sa vie bascule le jour où
il reçoit un appel de son ami Fouad (Jean Réno), un
grand poète irakien dont Vittoria écrit la biographie.
Partie à Bagdad, elle a été victime d'un bombardement
et se trouve entre la vie et la mort dans un hôpital de fortune.
Bouleversé, Attilio décide de se rendre auprès
d'elle toutes affaires cessantes.
Ecrit et réalisé par Roberto Benigni pour et avec son
épouse légitime, Le tigre et la neige est avant tout
un formidable film d’amour, tendre, poétique, fort et…
drôle. En faisant preuve d’une imagination débordante
et d’une propension certaine à ne pas se prendre au sérieux,
Roberto le saltimbanque bénéficie d’emblée
de la sympathie du public pour sa figure de clown triste et généreux.
Pourtant, à force de grimaces excessives, de logorrhée
verbale ininterrompue, de courses folles, et de gesticulations épileptiques,
Roberto Benigni acteur finit par déborder le cadre imposé
par Roberto Benigni metteur en scène et par user, voire exaspérer,
le spectateur le plus patient, le cinéphile le plus bienveillant.
On retiendra tout de même quelques belles scènes, telles
que celle de son mariage rêvé avec la femme de sa vie,
dans une église à ciel ouvert, en présence de
quelques illustres invités, accompagné, de la voix et
du piano, par un Tom Waits merveilleux de sensibilité et d’émotion.
Où encore la scène finale, émouvante, qui éclaire
d’un jour nouveau sa relation compliquée avec la belle
Vittoria…
Dommage que Roberto Benigni se croit obligé de rugir comme
un tigre alors qu’il n’est jamais meilleur que lorsqu’il
adopte la légèreté de la neige !