TRIPLETTE
GAGNANTE
Une histoire pleine de fantaisie, des personnages étonnants
et un graphisme original et chaleureux : ce dessin animé-là
est le grand gagnant de la semaine.
Quand le destin fait bien les choses, il fait naître à
Angoulême (capitale des bulles) un surdoué de la
bande dessinée et du dessin animé. C’est
exactement ce qui est arrivé à Sylvain Chomet
qui, après avoir fait ses preuves sur les planches (d’albums),
présente un long métrage tout à fait enthousiasmant
d’originalité et de personnalité.
Impossible de résumer de façon intelligible ce
film d’animation qui s’adresse plutôt aux
adultes et raconte les malheurs de Champion, le petit-fils de
Mme Souza. Champion est un enfant malheureux jusqu’au
jour où sa grand-mère lui offre un vélo.
Révélation et vocation ! Malheureusement, Champion
n’en sera jamais vraiment un (champion), et il tombera
entre les mains de la mafia française qui sévit
à Belleville… Sauf que Belleville n’est pas
un quartier de Paris, mais plutôt, par-delà les
océans, une sorte de New York démesuré
habité par des obèses. C’est là qu’interviennent
les Triplettes de Belleville, trois vieilles chanteuses qui
ont connu leur heure de gloire dans les années 30 et
40, quand Joséphine Baker, Charles Trenet, Django Reinhardt
ou Fred Astaire étaient à leurs pieds. Elles croupissent
aujourd’hui dans un taudis, mais vont aider Mme Souza
à sauver son petit-fils.
Attention, ça n’est pas tant l’histoire racontée
par Sylvain Chomet qui compte que l’univers qu’il
met en scène. Celui des années 60, des petits
pavillons de banlieue et de l’urbanisation, celui de De
Gaulle et du Tour de France, celui de l’Amérique
et de l’idée que s’en faisaient les Français
de l’époque. Dans un style graphique inventif et
généreux, il parsème son film de clins
d’œil et de trouvailles tout à fait réjouissantes.
Peu de mots, mais beaucoup de bruits d’ambiance et de
musique pour ce film foisonnant, généreux et attachant.