Un film français de Philippe Harel
Avec Mathilde Seigner
Jean-Jacques Vanier
Jean-Louis Loca
Nicole Garcia
et Michel Duchaussoy
EuropaCorp Distribution - 2003 - 1h40
A
STAR IS BORN
Plus qu'un grand film, c'est une grande actrice que nous révèle
Philippe Harel : Mathilde Seigner crève l'écran
!
Le nouveau film de Philippe Harel quitte les sentiers comiques
du GR20 (Les randonneurs) pour les rues sombres de Paris. Dans
ce thriller psychologique, Mathilde Seigner (le Commissaire
Barsac) enquête sur un serial killer d’un nouveau
genre. Tristan, comme elle baptise provisoirement cet homme,
procède avec une méthode et une efficacité
redoutable : il séduit sa victime, développe une
relation passionnée et exclusive avec elle, puis l’abandonne
sans plus donner signe de vie. Désespérée,
la jeune femme qui a progressivement coupé tout lien
social, fini par avaler une boîte de somnifère.
Suicide programmé, mais suicide tout de même. Sauf
à être pisté du début à la
fin, le criminel est intouchable...
Le risque était grand, pour un film policier français,
de ressembler avec trop d’évidence aux séries
à gros budget de TF1 (Julie Lescaut, etc.) : actrice
populaire, seconds rôles connus, enquête et vie
de commissariat... Tout dans Tristan respire le téléfilm
de prestige. Tout, sauf le scénario passablement alambiqué
(trop de psy pour le prime time) et une Mathilde Seigner à
l’énorme personnalité, qui crève
l’écran comme rarement une actrice a su le faire
ces dernières années. Elle s’inscrit aujourd’hui
d’évidence dans le paysage cinématographique
comme une sorte de pendant "viril" à l’immense
Karine Viard.
Trop psy pour être honnête
Pour le reste, pas de révolution dans la manière
de filmer de Philippe Harel, ni dans le scénario ou le
mode de narration. Juste une petite déception avec le
dénouement de l’affaire, quelques zones de flou
dans une histoire tortueuse et une mention spéciale à
Nicole Garcia qui, dans son rôle de psychologue de service,
nous sert un grand numéro et un beau personnage. Peut-être
ce genre de film souffre-t-il finalement de sa trop grande proximité
culturelle avec le spectateur : difficile de "rêver"
en suivant, pas à pas, l’enquête d’un
flic "bien de chez nous". Entre le périph’,
la banlieue, Etretat et Honfleur, on se sent plus proche du
JT que du Cinémascope...