Un film américain de Wolfgang Petersen
Avec Brad Pitt
Eric Bana
Orlando Bloom
Brian Cox
Diane Kruger
et Peter O'Toole
Warner Bros - 2004 - 2h45
Une
épopée homérique de presque trois heures
dont on ressort abasourdi mais enchanté de ce que le
péplum nouveau soit à la hauteur de ses illustres
prédécesseurs.
Au cinéma comme en musique, le revival se porte bien
et, dans les deux cas, les majors sont là pour nous en
apporter la preuve… de gré ou de force. Dernière
tentative en date : le péplum. Et, tant qu'à faire,
avec budget colossal et star planétaire à la clé.
Alors qui s'y colle ? Dans l'ordre (chronologique) : Homère
(le poète grec), Warner (la major américaine)
et Brad Pitt (le beau gosse de même origine). Le tout
sur près de trois heures puisque l'on sait depuis Ben-Hur
qu'un péplum digne de ce nom ne peut être d'une
durée inférieure.
Autant de bonnes raisons de craindre le pire… et de se
tromper ! Homère est "customisé" mais
pas trahi. Warner a mis sur la table le budget nécessaire
pour multiplier par dix mille (à la palette graphique)
les figurants se livrant bataille et bluffer les spectateurs
les plus blasés. Et Brad Pitt s'est suffisamment gavé
de créatine et a assez soulevé de fonte pour justifier
les litres d'huile versés sur son corps d'athlète
à longueur de scènes de combat.
Et le résultat est plutôt probant. On suit avec
angoisse les efforts désespérés des gentils
Troyens pour résister à l'agression des rois Grecs
emmenés par le méchant Agamemnon. On s'interroge
sur les motivations belliqueuses d'Achille. On se prend d'affection
pour un Hector valeureux. Bref, on (re)découvre L'Iliade
dans sa grande et sa petite histoire, dans ses combats homériques
(!) et ses affaires intimes, dans ses massacres à grande
échelle et ses duels à mort.
Reconnaissons donc, une fois n'est pas coutume, que l'argent
peut faire le bonheur (des cinéphiles) et que Troie,
malgré ses tics hollywoodiens exaspérants, est
loin de l'indignité qu'on lui prédisait. Pris
par l'action, on ne voit pas le temps passer et l'on se retrouve,
lumières rallumées, encore abasourdis par ces
faits d'armes plusieurs fois millénaires et ces héros
dont les noms et les exploits ont traversé la nuit des
temps. Bref, comme l'aurait dit Homère : heureux qui
comme un spectateur a vu un bon film…