Untitled Document
 

     CiNéMa
 
MON NOM EST TSOTSI

Un film sud-africain de Gavin Hood
Avec Presley Chweneyagae
Mothusi Magano
Terry Pheto
et Kenneth Nkosi

MK2 - 2006 - 1h34
Oscar du meilleur film étranger 2005, Mon nom est Tsotsi annonce clairement la couleur : un film africain (de grande qualité) calibré pour le public occidental.


Un film sud-africain, interprété par de parfaits inconnus sous nos latitudes et traitant de la violence urbaine des townships de Johannesburg… autant de choix artistiques qui reflètent la bonne santé d’un cinéma "exotique" souvent plus pertinent et plus urgent que bien des productions européennes ou américaines.

En choisissant d’adapter un roman de Athol Fulgard, publié en 1980, le réalisateur Gavin Hood avoue d’ailleurs que son intention était de "faire un thriller psychologique bien rythmé et porté par le héros. On voulait également entraîner notre public dans un monde de rapprochements radicaux. Gratte-ciels et cabanes, richesse et pauvreté, colère et compassion, qui entrent en collision dans un film s'avérant être une histoire classique de rédemption".

Et c’est là justement que Mon nom est Tsotsi touche aux limites du procédé. Car même magnifiquement interprété par un Presley Chweneyagae éblouissant (mais tous ses comparses sont au même niveau d’excellence), même superbement filmé par un Gavin Hood inspiré, le film emprunte la voie balisée du happy end et de la morale sauve. Impossible, dans ces conditions, de ne pas y trouver comme un léger arrière-goût de formatage commercial. Et, outre l’Oscar hollywoodien, les multiples récompenses obtenues par le film (Festival du film de Toronto, Thessaloniki Film Festival, Los Angeles AFI Award, Edinburgh Film Festival, nomination aux Golden Globes, etc.) ne sont pas là pour nous contredire…

Il serait pourtant injuste de jeter le bébé avec l’eau du bain et de ne pas souligner le formidable travail quasi-documentaire de Gavin Hood et la force de ses scènes inaugurales qui ne ménagent pas notre sensibilité. Il faut dire que l’existence de Tsotsi ("voyou des rues") donne à appréhender une Afrique du Sud… contrastée. Pays miné par le sida, la violence et la misère, l’Afrique du Sud est aussi un pays riche, dynamique et démocratique. C’est dans ce contexte que Tsotsi, enfant "abandonné" va sombrer dans la violence la plus brutale avant de trouver la voie d’une rédemption improbable, mais rendue plausible par la délicatesse et la sensibilité du réalisateur.

Dès lors, malgré le classicisme du procédé, on reste scotché à la progression d’un récit sur le fil du rasoir que la personnalité de son "héros" menace, à tout moment, de faire sombrer dans la tragédie.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Août 2006
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés