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V POUR VENDETTA

Un film américain de James McTeigue
Avec John Hurt
Natalie Portman
Hugo Weaving
Roger Allam
et Stephen Fry

Warner Bros - 2006 - 2h10
Un film très convaincant projetant le spectateur dans un futur proche et totalitaire. Un message de résistance à ne pas négliger.


Pour trouver l'origine de la vendetta du premier long-métrage de James McTeigue, il faut remonter au début des années 80 du siècle dernier. Margaret Thatcher "régnait" alors sur l'Angleterre d'une main de fer et Alan Moore, auteur de bande dessinée, entamait la publication d'un roman graphique illustré par David Lloyd. Leur objectif : dénoncer le gouvernement ultraconservateur de Miss Maggie. Pour cela, ils inventaient l'histoire de V, opposant violent à un gouvernement fasciste qui aurait pris le pouvoir en Grande-Bretagne et s'y maintiendrait par la propagande, la terreur et la répression.

Fan de cette bande dessinée, les frères Wachovski, écrivait une première ébauche de scénario une dizaine d'année plus tard, mais se trouvaient bientôt embarqués dans une aventure qui allait les occuper longtemps, avec le succès que l'on connaît : Matrix. Ce n'était pourtant que partie remise puisque, profitant de leur notoriété nouvelle, ils remettaient le chantier en route et en confiaient finalement la réalisation à leur premier assistant, James McTeigue.

Le résultat, présenté en ouverture du festival de Berlin en février dernier, sort enfin sur nos écrans, précédé d'une rumeur controversée. Apologie du terrorisme pour les uns, salutaire manifeste de résistance à toutes les oppressions pour les autres, V pour vendetta a le mérite de susciter un débat qui va bien au-delà de la traditionnelle sphère cinématographique.

C'est pourtant sur ce point aussi qu'il convient de faire l'éloge d'un long-métrage ambitieux qui sait s'approprier le meilleur de genres aussi différents que le film d'action et le film politique. Car tout, dans V pour vendetta, n'est pas inféodé aux effets spéciaux (finalement assez rares) ou à l'action pure. C'est au contraire un discours structuré sur les mécanismes de manipulation des foules et de prise de pouvoir musclée qui est proposé au spectateur.

Si la réalisation est un tantinet proprette, l'atmosphère générale qui se dégage est à rapprocher de ce que l'on a pu ressentir avec le Brazil de Terry Gilliam, par exemple. Même sentiment d'oppression, même angoisse face à une police toute puissante, même absence d'espace de liberté… La prestation des acteurs n'y est pas pour rien et, à ce petit jeu d'interprétation remarquable, on citera bien sûr John Hurt, dans le rôle du dictateur implacable, mais aussi Natalie Portman dans celui, finalement assez ambiguë (donc intéressant), de "résistante hésitante", tellement marquée par la propagande gouvernementale qu'elle a du mal à ouvrir les yeux, jusque dans les circonstances les plus dramatiques. Enfin, une mention spéciale à Hugo Weaving, qui réussit l'exploit d'interpréter d'une manière tout à fait convaincante un V dont le visage est toujours masqué.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2006
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