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LE VENT SE LÈVE

Un film anglais de Ken Loach
Avec Cillian Murphy
Padraic Delaney
Liam Cunningham
Orla Fitzgerald
Mary O'riordan
et Mary Murphy

Diaphana - 2006 - 2h04
Cinéaste militant et enfant chéri du Festival de Cannes, Ken Loach à touché à la consécration avec une Palme d'Or méritée pour un film engagé qui n'oublie jamais d'être brillant.


Inutile d'énumérer ici une œuvre qui, en bientôt quarante ans, aura fait sien tous les combats sociaux et moraux de notre époque, pour aborder maintenant des pages d'Histoire plus anciennes, mais déterminantes dans notre compréhension du monde moderne : Land of freedom (sur la guerre d'Espagne) en 1995, Le vent se lève (sur la guerre d'indépendance irlandaise) aujourd'hui.

Avec ce souci permanent de reconstituer l'événement au plus près des hommes et des souffrances individuelles, Ken Loach parvient une nouvelle fois à faire de ses spectateurs autant de partisans républicains irlandais en lutte contre l'occupant britannique, représentant de sa Majesté le roi.

Nous sommes en 1920 et une armée de volontaires se forme contre les troupes anglaises envoyées pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien (Cillian Murphy) abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère dans le combat pour la liberté.

Entre épopée héroïque et cours de politique appliquée, Le vent se lève offre une fresque splendide empreinte d'humanisme. Rien n'y manque, ni la brutalité des troupes d'occupation, ni l'intransigeance des "rebelles" irlandais, ni l'horreur de la guerre civile, ni les luttes fratricides après qu'un accord ait été trouvé avec le gouvernement anglais…

Loin d'avoir voulu tourner un plaidoyer anti-britannique (comme cela lui a été violemment reproché outre-Manche), Ken Loach a souhaité faire œuvre de mémoire honnête sur une page peu glorieuse (et largement occultée) de l'Histoire anglaise.

Mais au-delà de cet impeccable récit, il signe également une reconstitution historique qui ne néglige aucun détail et notamment pas celui d’une photographie soignée qui honore comme il se doit les splendides et rudes paysages irlandais.

Sans le talent de son auteur, le cinéma de Ken Loach pourrait être une sorte de pensum moralisateur dénonçant l'injustice du monde à longueur d'histoires édifiantes un peu pénibles. Seulement voilà, là où d'autres sont lourdement scolaires, lui est intelligent, profond, toujours juste et débarrassé de tout angélisme simpliste.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Août 2006
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