Conférence
passionnée sur le réchauffement climatique, Une vérité
qui dérange dénonce "la collision entre la civilisation
et la Terre". Le constat est inquiétant et le résultat,
ambigu.
Au centre du débat se trouve Al Gore. Vice-président
de Bill Clinton et ex-futur président des Etats-Unis, l’homme
de média présente en une heure et demi des graphiques,
des images et des bilans avec une volonté étourdissante.
Prenant fait et cause pour l’environnement, Al Gore est un séduisant
communicant. Le rythme, les supports et la détermination bousculent
les convictions et surtout effraient par une vision de la planète
quasi dantesque.
Les graves modifications climatiques semblent crédibles. Le
spectateur s’en prend plein la figure. Les pôles fondent
à vue d’œil. Les technologies sont vieilles, sales
et polluantes. Les courants se réchauffent. Les catastrophes
vont se multiplier. C’est le scénario du film catastrophe
Le Jour d’après qui s’annonce pour les futures
générations.
Les intentions sont bonnes et Al Gore a sûrement raison d’alerter
ses contemporains sur l’écologie. Il est même touchant
lorsqu’il conclut qu’il y a un sentiment intermédiaire
entre le déni (voulu par certains lobbys) et le désespoir
(il y a du boulot pour arranger les choses) qui pourrait réveiller
les consciences.
Al Gore montre donc qu’il a la foi. De là, naît
une certaine méfiance. Al Gore est un animal politique et il
connaît la valeur de l’image. Le film, qui s’adresse
aux Américains, peut se lire aussi comme une remise en selle
du personnage politique. Un véhicule médiatique pour
un homme d’état déchu.
Car l’homme se livre et confie ses drames intimes. Le combat
alarmant est de temps en temps gommé pour décrire un
homme qui a des convictions. Sont-elles sincères ? Le spectateur
est-il manipulé ? Ce n’est pas la vérité
qui dérange, ici, ce sont les raisons d’un tel documentaire
!