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     CiNéMa
 
VIDOCQ
 
Un film français de Pitof
 Avec Gérard Depardieu
Guillaume Canet
Ines Sastre
et André Dussolier
 
RF2K - 2001 - 1h40
On a dit tellement de chose sur le Vidocq de Pitof, avant même qu’il ne soit sur les écrans, que par effet réactif naturel, les critiques ont été largement négatives à sa sortie. C’est là une des conséquences habituelles de ces campagnes de lancement massives des poids lourds (budgétaires) du cinéma : matraquage médiatique = exaspération des professionnels et du public = mauvaises critiques mais fortes entrées ("C’est vrai quoi, ils nous saoûlent avec leur pub - Vidocq par-ci, Vidocq par-là – mais si ça se trouve c’est pas mal, vu le budget énorme et les moyens techniques incroyables utilisés… allez, on verra bien, on y va !").

J’y suis allé et bien m’en a pris : Pitof a réussi un bon film, voilà c’est dit. Il est simplement important de préciser quel genre de bon film est Vidocq. La catégorie dans laquelle il concourt n’est pas celle du cinéma français de Patrice Lecomte ou Claude Chabrol (talentueux réalisateurs, sans conteste), mais celle de la bande dessinée cinématographique (je ne parle pas là de dessin animé !) dans laquelle on trouve les Batman (dans lesquels on a admiré les plus grands acteurs américains), Indiana Jones, Jurassic Park ou, plus près de nous (géographiquement), Delicatessen ou la Cité des Enfants Perdus (on retrouve d’ailleurs Marc Caro au générique).

Et dans ce registre, il n’y a rien d’autre à dire que "chapeau" ! Pitof a reconstitué un Paris des années 1830, sale et grouillant, avec un parti-pris esthétique très personnel assumé du début à la fin. Nous ne perdrons pas ici de temps à décrire ce qu’est l’image de Pitof, son univers, ses ambiances, ses lumières. Tout y est imaginé, reconstitué, recréé pour conférer à l’ensemble un climat glauque, pesant, étouffant dans lequel le spectateur est entraîné sans temps mort. Les cadrages sont étonnants (même si l'abus des plans serrés fini par donner mal au crâne), les images sont magnifiques, les tons inhabituels et l’ensemble se rapproche souvent d’une œuvre picturale originale sur laquelle serait développé un scénario solide et crédible (signé Jean-Christophe Grangé), digne de Gaston Leroux ou de Conan Doyle jusque dans son rebondissement final emprunté Sherlock Holmes.

Je résume : une bonne histoire, une belle image et de bons acteurs… que demander de plus ?
Décidément, je ne vois aucune raison de se priver d’1h40 de pur plaisir cinématographique !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2001
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