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     CiNéMa
 
WINDTALKERS
LES MESSAGERS DU VENT

 
Un film américain de John Woo
 Avec Nicolas Cage
et Christian Slater
 
Pathé - 2002 - 2h14
John Woo a réalisé une performance remarquable en travaillant pour la première fois sur un film de genre, rendu à la mode par des précédents tels que Il faut sauver le soldat Ryan, Pearl Harbor et autre We Were Soldier.

Seconde Guerre Mondiale, au cours d’une bataille du Pacifique, l’armée américaine s’est trouvée face à un problème de taille : toutes ses radio-transmissions codées étaient décryptées par les Japonais. Une des solutions utilisées fut le codage basé sur la langue des Navajos, tribu indienne de l’Arizona.

Ben Yahzee (Adam Beach), Navajo de naissance et parlant parfaitement sa langue maternelle, se voit donc envoyé au front dans le Pacifique. Mais l’armée américaine considère que le code est une donnée stratégique essentielle dans la bataille contre le Japon et décide donc de lui octroyer une "nounou", un Marine, chargé de sa sécurité.

C’est ainsi que Joe Enders (Nicholas Cage), revenant d’une sanglante bataille aux îles Salamon, devient l’escorte de Yahzee. Sa mission est de protéger le code, quel qu’en soit le prix : clairement, si son protégé tombe entre les mains de l’ennemi, il doit l’abattre.

Qui aurait cru que l’on puisse encore exploiter la Seconde Guerre Mondiale dans un projet cinématographique ? Certes, le codage Navajo est un volet méconnu de l’Histoire, puisque l’Administration Bush vient seulement de reconnaître, en 2002, l’action de ces indiens dans le Pacifique…

Mais au-delà de l’aspect purement historique, Windtalkers est plus une performance pyrotechnique qu’un chef d’œuvre. John Woo nous en donne, d’ailleurs, pour notre argent. Vous voulez un film de guerre : vous avez des balles et des explosions. Vous voulez de l’action : vous avez du sang et des membres déchiquetés. Vous voulez une histoire : vous avez celle d’un Indien Navajo perdu au milieu des batailles du Pacifique. Techniquement, il a fait appel à plus de 700 (Marines) et 1000 (Japonais) figurants. Il a employé du matériel d’époque (les armes des soldats mais aussi l’artillerie lourde). Et surtout, il a fait, avec Windtalkers, le film de guerre par excellence : violent, rapide, dur, choquant, technique, haletant…

Par contre, le scénario respecte le cahier des charges du film hollywoodien : la fresque historique de guerre fait toujours ressortir de l’émotion, du dramatique. Bref, une sauce "parfaite" à l’américaine.


Dinesh Singh
© Jowebzine.com - Septembre 2002
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