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     CiNéMa
 
WORLD TRADE CENTER

Un film américain de Oliver Stone
Avec Nicolas Cage
Maria Bello
Michael Pena
Maggie Gyllenhaal
et Frank Whaley

UIP - 2006 - 2h10
Après le pointilleux Vol 93 et une ribambelle de films hantés par le 11 Septembre (Minority report, La guerre des mondes), voici donc la première grosse production consacrée aux attentats des Twin Towers. Avec Oliver Stone en chef de chantier, World Trade Center aurait dû être sulfureux. Il n’est finalement que trop américain !


Il est facile de deviner ce qui a pu plaire à Oliver Stone. Réalisateur ambitieux, WTC est un film catastrophe monté à l’envers ! La tour infernale, œuvre fondatrice du genre, commence par la présentation des nombreux personnages puis déclenche le cataclysme. C’est parfaitement l’inverse dans WTC : d’abord la catastrophe puis développement des protagonistes. De plus les héros subissent l’action au lieu de se transcender face à la crise, comme cela arrive souvent dans les films du genre.

Cette narration opposée étonne. À peine découvre-t-on Will Jimeno et son supérieur John Mc Loughlin, que le premier avion s’écrase sur la tour numéro 1 ! Les policiers se rendent sur place et les deux hommes seront ensevelis par la chute des deux tours. En une trentaine de minutes, le drame s’est déroulé et place à la survie, l’attente des familles et les efforts des sauveteurs.

Si la structure diffère, le film lui reste très sage : les conventions sont respectées. Pas de virulence et de controverse de la part du réalisateur de JFK et Nixon. Visiblement, après l’échec d’Alexandre, produit par des Européens, Oliver Stone veut se refaire à Hollywood et oublie toute polémique. Il prend soin de ne froisser personne.

Parce que c’est une histoire vraie, le cinéaste ne remet rien en cause. Même quand la personne qui a retrouvé les deux survivants apparaît comme un ex-soldat névrosé "qui a eu ses plus belles années avec les marines (sic)". Ce dernier effraie plus qu’autre chose et le cinéaste ne trouve rien à dire : il le laisse dans un délire mystique et guerrier. Ajoutez à cela, un petit Jésus-Christ qui apparaît à l’un des policiers avec une bouteille d’eau en plastique et WTC devient douteux.

D’autant que le reste est finalement assez fade : les épouses pleurnichent et craignent le pire (les lentilles bleues eau de javel de l’excellente Maria Bello sont le pire effet spécial de l’histoire du cinéma), les familles se soudent, les courageux se jettent dans les entrailles du WTC… l’habituel attirail du blockbuster bien sous tout rapport.

Malgré le fracas de l’acier, la musique larmoyante et les cris des hommes, c’est donc le silence de Oliver Stone qui semble assourdissant !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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