Un film américain de Robert Aldrich
Avec Lee Marvin
Charles Bronson
John Cassavetes
Telly Savalas
et Donald Sutherland
Warner Home Video - 1967 - 2h13
Bonus
- Film publicitaire d’époque sur le film
Classique
du film de guerre et de commando, Les douze salopards est bien
cela, mais aussi un peu plus. C’est bien la moindre des
choses de la part de Robert Aldrich.
Et oui, si Les douze salopards est un film célèbre,
on ne peut en dire autant de la part de son réalisateur.
En effet, du fait de son atypisme dans le système hollywoodien,
Robert Aldrich est peu connu malgré des films comme En
quatrième vitesse ou Vera Cruz. Premier des metteurs
en scène à produire ses propres films, il construit
une œuvre qui lui ressemble, atypique. Aldrich aime les
marginaux, les exclus du système, tels les clochards
de Empereur du nord ou l’actrice déchue de Qu’est-il
arrivé à Baby Jane ? Il s’amuse également
à démonter les codes des films qu’il réalise,
comme ceux du polar (En quatrième vitesse) ou du thriller
politique (L’ultimatum des trois mercenaires). Là,
Aldrich s’attaque au film de guerre, mais y appose sa
patte.
Les douze salopards raconte comment des généraux
planqués derrière leur cartes d’état-major,
vont faire entraîner par un gradé rebelle (Lee
Marvin) une bande de bidasses condamnés à mort
ou à de longues peines. Groupe composé entre autres
d’un abruti (Donald Sutherland), d’un illuminé
mystique (Telly Savalas), d’une grande gueule (John Cassavetes)
et d’une brute (Charles Bronson). Entraînement dans
le but d’une mission suicide, attaquer un quartier-général
allemand en France occupée. Mais Aldrich ne fait pas
dans l’allégorie de la hiérarchie, du combat,
de l’armée en général, au contraire
le réalisateur expose tout son mépris pour ces
valeurs-là. Ses supposés assassins ou bons à
rien vont se révéler être des héros,
et vont bien sur aller au casse pipe pour leur patrie sans que
cette dernière ait un quelconque remord. Malheureusement,
Les douze salopards pêche par la trop grande longueur
de sa première partie (celle de l’entraînement)
qui se perd dans de trop nombreux gags censés illustrer
l’anti-militarisme du film, et retarde de ce fait la séquence
d’attaque du Q.G. allemand, dénouement violent
à la mise en scène brillante.
En substance, Les douze salopards, malgré sa longueur,
c’est du cinéma viril et réjouissant porté
par une bande d’acteurs formidables, où éclate
l’ironie propre à Aldrich ainsi que son irrespect
pour les autorités.