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     DvD
 
A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Un film américain de Steven Spielberg
Avec Haley Joel Osment
Frances O’Connor
Sam Robards
Jude Law
et William Hurt

2001 - 2h25

Bonus
- Bande-annonce
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- Documentaire
- Interviews
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- Photos
EMOTION NATURELLE
Projet entamé par Stanley Kubrick et mené à son terme par Steven Spielberg, AI fait toucher du doigt ce qui suscite notre fascination pour le cinéma : ressuciter les morts et donner vie à l'image.



On connaît l’histoire : Stanley Kubrick a travaillé pendant longtemps sur l’adaptation d’une nouvelle de Brian Aldiss concernant un enfant-robot. Les progrès de la technique ne sont pas allés aussi vite qu’il le souhaitait et, à sa mort, Steven Spielberg a repris le projet et l’a mené à terme.

Tel quel, et sorti du battage promotionnel qui a lieu à chaque fois qu’il sort un film, AI (Intelligence Artificielle) est un film de Spielberg qui s’apparente à un conte de fée. D’ailleurs, il est souvent fait allusion à Pinocchio, la poupée de bois devenu petit garçon en chair et en os. Dans un monde pas si éloigné de nous, les hommes ont fait appel aux robots pour pallier leurs carences. Un savant interprété par William Hurt a l’idée de créer un robot-enfant qu’il offre à un couple dont l’enfant est dans le coma. Ce robot, considéré comme un jouet amélioré, sert de substitut affectif aux parents et surtout à la mère. Mais voilà, un jour leur enfant sort du coma. Et l’enfant-robot programmé pour aimer, se retrouve sans objet.

Une belle histoire

Connaissant Spielberg, on pourrait s’attendre à des torrents de larmes et de bons sentiments. Il n’en est à peu près rien. Le seul bémol serait l’image parfois trop "jolie" et trop travaillée. Pour peu qu’on veuille bien passer sur le cadre léché et les filtres envahissants, il est indéniable que l’histoire joue sur la corde sensible de ceux qui ne se consolent pas d’avoir grandi.

Car l’enfant-robot va être abandonné par ses parents adoptifs. Et de la même manière qu’un animal domestique, sur le bord de la route. À partir de là, son périple n’aura qu’un seul but. Récupérer sa maman et lui prouver qu’il est un vrai petit garçon.

Il y a deux thèmes qui sont très forts. D’abord, on peut se demander, dans quelle mesure, l’être humain, quel qu’il soit, n’est pas un robot qui doit chercher à s’humaniser par tous les moyens. En ce sens, le film choisit son camp et nous démontre que les robots sont des humains. Quand aux autres...

Toute la magie du cinéma

Ensuite, Spielberg a une foi insensée dans le cinéma, comme Lelouch. Mais, à la différence de Lelouch, il sait s’élever à l’universel. Vers la fin du film, il nous fait comprendre que seul le cinéma peut réaliser nos rêves irréalisables. Il n’y a qu’au cinéma et dans un de ses films notamment, qu’un petit garçon peut passer une journée d’éternité avec sa maman, longtemps après son décès.

Ressusciter les morts et donner vie à l’image. Aidé par Kubrick, Spielberg touche du doigt ce qui fait la fascination du cinéma.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Avril 2003
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