Un film français de Claude
Zidi
Avec Gérard Depardieu
et Christian Clavier
Pathé ! - 1999 - 1h45
Bonus
- Envers du décor
- Interviews
- Clip de Jean-Jacques Goldman
La
sortie en 1999 de cette énorme machine de guerre commerciale
(stars de tous poils, budget démesuré et effets
spéciaux à gogos) nous avait déjà
value une déferlante médiatique mémorable.
Et pourtant
Et pourtant le résultat objectif de cette débauche
de moyens est un film dont on peut tout dire sauf quon
y retrouve lAstérix de notre enfance. Et la nostalgie
na rien à voir à laffaire. Non, il
sagit simplement dun état desprit,
ou plutôt de son absence.
Rien (ou si peu) dans le film de Claude Zidi nest fidèle
à la bande dessinée de Goscinny et Uderzo, ni
à lesprit, ni à la lettre. Comme dans ces
jeux démodés que lon trouve encore dans
certains journaux, la tentation est forte, après le visionnage
du film, de jouer au jeu des 7 erreurs, sauf quici, sans
trop pinailler, on doit facilement approcher des 700 !
À la lettre : Astérix est trop grand, Obélix
pas assez gros, le village gaulois méconnaissable, le
camp romain "tout petit riquiqui"...
Dans lesprit, la bouillie infâme qui constitue le
scénario mêle allègrement des idées
grappillées ici et là au fil des albums publiés.
Un peu dAstérix chez les Bretons (César
sapprêtant à envahir lîle), un
peu du Devin, un peu dAstérix légionnaire
(avec une Falbala - Laetitia Casta - très réussie),
un peu de La zizanie (et un formidable Roberto Benigni, le seul
à être totalement un personnage de Goscinny), un
peu dAstérix et les Goths pour le rassemblement
des druides à la forêt de Carnutes, etc. Et comme
si ça ne suffisait pas, Claude Zidi sest attaché
à inventer des situations et des scènes de son
cru pour aboutir à une catastrophe absolue.
Chaque scène, chaque situation sonne faux. Les sous-sols
du camp romain où lon torture Idéfix, les
pseudo-jeux du cirque « sous chapiteau », les batailles
pitoyables, la potion qui permet à Astérix et
Obélix de se dédoubler à linfini,
les Gaulois et les Romains qui fraternisent lors de lultime
bataille ou la déclaration finale de Jules César
affirmant, je cite, que " ces Gaulois sont désormais
nos amis et nos alliés." Hérésie
!
Je ne peux pas croire que Claude Zidi ait lu les albums de Goscinny
et dUderzo. Sinon comment aurait-il pu faire un film aussi
hors-sujet que celui-là ? Comment Albert Uderzo, même,
a pu donner son aval à une telle entreprise ? Comment
la presse ne sest-elle pas faite lécho des
faiblesses graves de ce film ? À moins que Un doute
menvahit soudain Non, je ne veux pas croire que
lénorme coffre rempli à ras-bord de sesterces
qui est dérobé nuitamment par le faux devin et
ses acolytes soit une parabole de cette production monumentale
: beaucoup desbroufe pour emporter la mise en plumant
les foules trop crédules Par Toutatis, le ciel
vient de me tomber sur la tête !