Un film américain de Peter Hunt
Avec George Lazenby
Diana Rigg
Telly Savalas
et Ilse Steppat
MGM - 1969 - 2h14
Bonus
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La
polémique fut réelle autour du choix de Daniel Craig
et il ne faut pas souhaiter qu'il finisse comme le pauvre George Lazenby,
James Bond d'un seul film. Pourtant Au service de sa Majesté
est un must de la saga et le revoir provoque un vrai plaisir !
L'agent James Bond sauve une jeune femme du suicide. Il découvre
qu'elle lui permettrait de mettre la main sur le leader du SPECTRE,
Blofeld. Pour cela, il doit épouser la jeune femme, mais le
tombeur de ses dames se révèle plus romantique que prévu.
À plus d'un titre, Au service de sa Majesté est un James
Bond unique en son genre. Bien entendu, il reste célèbre
pour l'interprétation unique du personnage par George Lazenby.
À ce titre, les bonus de cette nouvelle édition en disent
long sur le sort réservé par les producteurs à
l'acteur, suite à l'échec du film.
Un échec prévisible d'ailleurs. À l’époque,
Sean Connery est resté dans le cœur des spectateurs et
il était impossible de prendre sa succession. Les producteurs,
qui avaient déjà contacté Roger Moore et Timothy
Dalton, se tournent donc vers un mannequin de trente ans, sans grande
expérience. Un drôle de choix, mais qui avec le temps,
se révèle assez judicieux.
George Lazenby n'est pas mauvais dans le rôle de 007. Presque
meilleur que ce vieillard de Roger Moore ! Lazenby apporte de la jeunesse
et son personnage n'a jamais été aussi ambigu, perdu
entre sa mission et sa passion pour une femme. Une nouveauté
qui fait de cet épisode, un moment charnière de la série.
Au service de sa Majesté s'apprécie surtout comme un
film d'aventures des années 60. À la manière
de son camarade Flint, l'agent le plus célèbre se laisse
prendre par les charmes du swinging London. Dans une ambiance psychédélique,
007 s'attaque à son ennemi juré, Blofeld, campé
par un Telly Savalas d'anthologie ! En James Bond girl, Diana Rigg
fait oublier son rôle d'Emma Peel dans Chapeau melon et bottes
de cuir : elle évite le piège de la belle victime fadasse.
Il faut ajouter à cela une première mise en scène
maîtrisée de Peter Hunt. Le réalisateur donne
un rythme effréné à cette enquête. On s'amusera
des scènes d'action accélérées, spécialement
celles qui se déroulent sur les pistes suisses. Revoir Au service
de sa Majesté c'est aussi découvrir la principale source
d'inspiration de Mike Myers pour son personnage d'Austin Powers.
Bref, ce film est largement mésestimé. Il s'agit d'un
vrai vestige de toute une époque très stylisée.
Il est impossible de ne pas s'amuser avec ce Bond un peu spécial.
La nouvelle édition propose beaucoup de bonus : ils ont la
qualité d'appréhender, avec un nouvel éclairage,
le film le plus mal-aimé de la saga d'espionnage.