Deuxième
et dernière aventure avec Timothy Dalton dans le rôle
de James Bond, Permis de tuer fut l'un des gros échecs de la
saga. Réalisé par un habitué de la série,
Permis de tuer a voulu sortir le personnage de ses habitudes. En y
regardant de plus près, le film est l'un des plus atypiques.
Les années 80 ne furent pas la période la plus glorieuse
du célèbre agent secret. Roger Moore n'était
plus crédible à cause de son grand âge. À
la découverte du sida, la libido de Bond paraissait déplacée.
L'idée de revenir à un personnage plus froid, proche
de ses origines littéraires semblait être une bonne idée.
Timothy Dalton apporte une réelle noirceur au personnage. L'espion
ne ressemble plus à un vieux beau plein d'humour. Dans Tuer
n'est pas jouer, 007 est plus complexe et presque dérangeant.
Ce que confirme, en 1989, Permis de tuer ! Cette fois-ci James Bond
ne sauve pas le monde d'un mégalomaniaque. Le héros
quitte même les services secrets. Il n'a plus qu'une idée
en tête : venger la mort atroce de son ami Felix Leiter.
Premier film à ne pas être tiré des nouvelles
de Ian Fleming, Permis de tuer n'est pas un film d'espionnage. C'est
un authentique film de vengeance. James Bond se limite à cette
obsession. Cela va très bien à Timothy Dalton qui, à
défaut d'avoir convaincu, restera comme le plus sombre James
Bond.
C'est donc un polar cruel. Initialement le film devait se situer en
Chine (avec poursuite sur la grande muraille) mais la franchise est
plongée dans la crise et le budget est rapidement revu à
la baisse.
Cela n'empêche pas Rémi Julienne de s'éclater
avec quelques cascades mémorables auxquelles le comédien
principal n'a pas eu peur de participer. Il est amusant de voir que
le sbire du méchant est un fringant Benicio Del Toro, pas encore
connu, au charme latin venimeux.
Le film distille en réalité une violence assez inhabituelle.
C'est toute l'originalité de cet épisode, bide au box-office
qui enterrera la franchise pour six longues années. Bond n'est
plus le sauveur du monde. Son ennemi est un baron de la drogue. Sa
mission se résume à une vendetta. Elle est brutale.
Cette radicalité rend le film peu accessible. Cependant, cette
version pessimiste de James Bond 007 doit être revue. Comme
son légendaire costard, le noir n'allait pas si mal à
l'espion !