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     DvD
 
BUBBA HO-TEP

Un film américain de Don Coscarelli
Avec Bruce Campbell
Ossie Davis
Bob Ivy
et Heidi Marnhout

M6 Interactions - 2002 - 1h32

Bonus
- Interviews
- Documentaires
- Court métrage et making of
Voici le résumé le plus barré de l’année : Elvis Presley n’est pas mort. Il vit dans un sombre hospice et s’inquiète de sa libido déclinante. L’arrivée d’une momie meurtrière va troubler son quotidien. Cela aurait pu être un sinistre navet : cela donne une série B un peu molle, mais surtout une méditation sur la nostalgie.


Le script doit sûrement provenir d’une soirée bien arrosée ou accompagnée de substances prohibées. Elvis ne s’est donc jamais écroulé sous le poids de la gloire, de la drogue et des sandwichs au jambon. Il est installé dans une petite maison de retraite et s’agace d’une excroissance mal placée. Il rumine son passé et ses erreurs.

La seule personne avec qui il s’entend, c’est le président Kennedy. Lui aussi termine sa vie dans la pension. Il a changé de couleur : son cerveau a été transféré dans le corps d’un noir. Les deux héros d’un temps révolu vont affronter une momie qui récolte les âmes des petits vieux de l’hospice…

Tout cela vous paraît débile ? Très bien, car le film le sait, mais croit à son idée de départ. En utilisant deux légendes de l’Amérique, le film dépasse la simple blague et se permet une belle réflexion, pas si débile, sur la vieillesse et sur les Américains. Icônes obsédés par l’oubli, les deux héros du film ne sont pas si clownesques que ça.

Petit budget, le film est fait avec beaucoup de cœur. Les bonus, nombreux, prouvent la passion qui habite les membres de l’équipe. Les effets spéciaux sont artisanaux. La caméra ne fait pas du grand huit. Le film est même lent : tout cela contribue à une vertigineuse sensation de mélancolie. Le concept hallucinant cache une douce nostalgie et finit par partager avec le spectateur de belles émotions. Souvent le terme d’ovni est utilisé à tort et à travers : là, c’est vraiment le cas. Bubba Ho-Tep fait honneur au genre qu’elle défend avec une imagination totalement débridée. Un pur moment de rock’n’roll cinématographique !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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