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     DvD
 
CASSHERN

Un film japonais de Kazuaki Kiriya
Avec Yusuke Iseya
Kumiko Aso
et Akira Terao

StudioCanal - 2h20 - 2004

Bonus
- Scènes coupées
- Interviews
- Films en 8mm
Envisagé comme un manga en live, Casshern est une œuvre virtuose. Hélas, l’humilité n’est pas l’ambition des auteurs : Casshern est aussi le film le plus épuisant vu au cinéma ces derniers mois. Michael Bay (Bad Boys 2, The Island), à côté, fait du cinéma intimiste !


Inspiré d’un dessin animé des années 70, Casshern est un événement. Comme Immortel, Sin City ou Capitaine Sky et le Monde de Demain, le film profite de tous les effets numériques possibles. Seuls les acteurs sont vrais. Tout le reste est géré par informatique. Le Japon se met aussi au "tout digital" et la tentative est la plus spectaculaire de toutes !

Le film retranscrit tous les codes du manga avec une maîtrise soufflante. Les combats sont titanesques. Les décors sont délirants. Les effets de caméra s’apparentent à un grand huit. La démesure est au rendez-vous et les rétines vont imprimer durablement l’énormité apparente de Casshern.

Tout semble possible dans le film de Kazuaki Kiriya. La promesse de nouveauté n’est pourtant pas tenue ! L’histoire est d’une platitude navrante : dans un futur où l’Asie a écrasé les armées européennes (on appréciera), une dictature militaire tente de mettre sur pieds une expérience scientifique qui pourrait mener à l’immortalité. Des recherches, vont naître des néo sapiens, des mutants qui vont vite haïr les humains mais aussi Casshern, fils d’un scientifique, mort au combat, ressuscité par son père et capable de faits extraordinaires !

De là découle en fait un "bioman" dopé aux effets spéciaux. Les sombres néo sapiens ressemblent à des stars de la pop music. La pauvre intrigue est noyée dans un cataclysme visuel et narratif. Les considérations philosophiques sur la mort et la guerre ne sont pas inintéressantes, mais parasitent systématiquement le récit. La tragédie shakespearienne plombe d’un sérieux étouffant les personnages pas toujours convaincants.

Le film devient un patchwork assez indigeste avec des fulgurances magnifiques et des erreurs affligeantes. Sur un écran de télé, le film en DVD est moins immersif que dans une salle de cinéma. Les qualités comme les défauts n’en sont que plus flagrants ! Casshern est en tout cas, la preuve qu’un film raté n’est pas forcément ennuyeux !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Août 2006
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