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     DvD
 
LE CENTRE DU MONDE

Un film américain de Wayne Wang
Avec Carla Gugino
Molly Parker
et Peter Sarsgaard
 
Universal – 2001 - 1h22


Bonus
- Interview du réalisateur
- Bandes-annonces du film
- Document sur le site Internet du film
- Commentaire du réalisateur
Dans ce film de Wayne Wang, Le centre du monde est le sexe de la femme. Il est aussi le lieu de travail de l’ingénieur informaticien, devant son bureau.

Présenté en sélection officielle au festival de Cannes en 2001, on a essayé d’en faire un scandale, mais sa sortie en salles a été météorique. Voilà un film qui est récent mais qui nous ramène à une époque déjà révolue. L’époque où la net économie affichait sa prépondérance et où chacun pariait sur le virtuel.

Un ingénieur en informatique, jeune et riche, vient de passer les dernières années de sa vie, planqué derrière son écran. Il propose à une belle strip-teaseuse de l’accompagner pour un week-end de trois jours à Las Vegas. Elle accepte en imposant ses conditions : ni baisers sur la bouche, ni pénétration, ni sentiments. Commence alors un séjour où vont être ébranlées toutes les certitudes de ces jeunes gens.

Filmé en caméra DV, ce film nous plonge dans une chambre d’hôtel, la plupart du temps, ou bien en promenade dans une ville qui est le paradis des apparences. Hormis quelques souvenirs filmés dans une absence de couleurs proche du noir et blanc, la caméra filme au plus près la peau, le corps et le visage de ses interprètes. Peter Sarsgaard et Molly Parker sont plutôt craquants. Ils allient un charme certain et une fragilité non maquillée.

Mais l’aspect le plus intéressant du film est ce qui a échappé partiellement au réalisateur. Les deux personnages sont dans le simulacre. Lui, domine le monde, lorsqu’il est derrière son ordinateur. Elle, domine le mâle quand elle impose ses règles. Ils ne ressentent rien et leur plus grande peur est de ressentir un sentiment envers l’autre et de s’investir. Autrement dit, comment aimer pour de vrai quand on aime uniquement le virtuel ?

Le fait que Paul Auster et sa femme, Siri Husvedt, aient collaboré au scénario a sûrement fait pencher la balance vers l’exploration des démons intérieurs.

Même si certaines scènes peuvent exciter ou choquer les âmes sensibles, le film laisse un goût de cendre sur la vie réelle à l’ère de l’Internet.

À signaler en bonus, deux fins alternative qui sont assez éclairantes sur l’art du montage du réalisateur.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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