Énorme
succès en 1975, le film de Sydney Pollack a plutôt
mal vieilli malgré la présence de deux monstres
sacrés du cinéma américain. À oublier
bien vite.
Vague histoire d’espionnage et grosse star à l’affiche
(Robert Redford), la recette du succès était simple
en 1975. Malheureusement, avec 30 ans de recul, Les 3 jours
du condor a pris un de ces terribles coups de vieux qui mettent
tout le monde mal à l’aise, le chroniqueur de Jowebzine.com
au premier chef.
Ainsi, Joseph Turner, obscur scribouillard travaillant pour
une officine du contre-espionnage américain, se retrouve
plongé dans une affaire d’Etat mêlant trahison
et intérêts personnels. Traqué par des tueurs
qui veulent en finir avec le seul témoin gênant
de cette affaire, Turner, dit Condor, n’a que trois jours
devant lui pour faire éclater la vérité.
La course-poursuite qui s’ensuit voit le farfelu binoclard
du début se transformer en super espion omniscient, McGyver
des centraux téléphonique et tueur de sang froid
quand sa sécurité l’exige.
Construit sur un scénario truffé d’invraisemblances,
Sydney Pollack parvient, au mieux, à intriguer le spectateur,
mais en tout cas jamais à faire croire à son histoire
cousue de fil blanc. Jusqu’au personnage interprété
par Robert Redford qui change grossièrement de personnalité
selon les situations, contribuant ainsi à rendre vain
les efforts du chroniqueur scrupuleux bien décidé,
pourtant, à aller au bout de son chemin de croix. Par
charité, on passera sur l’étalage technologique
voulu par le réalisateur, sans doute pour épater
la galerie, et qui, avec le recul et les progrès accomplis
entre temps nous fait franchement pleurer de rire, à
commencer par le pitoyable "ordinateur" que les contre-espions
utilisent tour à tour en début de film et qui
ressemble plus à une sorte de Traban à peine miniaturisée
qu’à un quelconque ordinateur un tant soit peu
crédible vu d’ici.
À éviter soigneusement, donc, et à remplacer
avantageusement, si l’on aime le genre, par Ennemi d’état
de Tony Scott, avec Gene Hackman et Will Smith.