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LA COULEUR DU CRIME

Un film américain de Joe Roth
Avec Julianne Moore
Samuel L. Jackson
Edie Falco
et Ron Eldard

Columbia - 2006 - 1h49

Bonus
- 3 featurettes
- Bande-annonce
- Scène coupée
Samuel L. Jackson est un bon comédien. Bien avant que Pulp fiction le révèle au monde entier, cet acteur fut un solide second couteau, récompensé à ce titre, au festival de Cannes pour Jungle fever en 1991. L'homme tourne depuis sans arrêt et parfois dans de solides nanars qui semblent l'amuser. La Couleur du crime appartient hélas à cette catégorie.

Julianne Moore est une actrice exigeante. Une version rousse de Meryl Streep ! Découverte dans Short cuts de Robert Altman, la comédienne a joué avec les plus grands et possède une magnifique filmographie. De temps en temps, elle se plante et atterrit dans des navets comme La Couleur du crime.

Richard Price est un romancier prestigieux. Ce type là connaît l'Amérique sur le bout des doigts et lui rend souvent hommage dans des polars sérieux et nerveux. Son talent l'a amené à écrire quelques pépites du genre comme le superbe Kiss of death et le romantique Mad dog & glory. Ce gars-là a du talent et La Couleur du crime (adapté de son roman Ville noire, ville blanche publiée chez 10/18) ne porte pas du tout la marque de cette virtuosité.

Qu'est ce qui ne va pas dans ce film ? L'histoire est pourtant forte. Dans une banlieue sinistrée, une mère (Moore) se fait voler sa voiture, avec son fils de quatre ans à l'intérieur. Un flic religieux (Jackson) tente de l'aider au mieux tandis que la police provoque la colère du quartier et réveille les tensions entre les différentes communautés.

Le sujet n'est donc pas facile, mais le plus pénible reste son utilisation dans ce mauvais polar. La faute doit venir de Joe Roth, réalisateur et producteur. Il remplace pour l'occasion le prolifique Michael Winterbottom. Dans les années 80, Roth a produit des teen-movies sans envergure et a eu du nez le jour où il a produit Young guns, version d'jeun's de Billy the Kid. Depuis Joe Roth est devenu un homme respectable à Hollywood. Son envie de réaliser est revenue et c'est franchement bien dommage.

Avec une finesse digne d'un pachyderme alcoolique, Joe Roth baigne son sujet dans une ambiance hystérique de l'Amérique. Ca hurle dans tous les sens. Les dialogues sont d'une ineptie finalement hilarante ("Plus on essaie de comprendre la vie, plus les choses se compliquent"). Les acteurs ont chacun droit à leur monologue grandiloquent. Tout est poussif et sans arrêt, les auteurs rendent hommage à la foi qui habite chaque homme meurtri.

Ce qui habite le spectateur meurtri, c'est l'ennui et le malaise face à tous ces talents gâchés. Le kidnapping d'enfants et les tensions raciales méritaient un meilleur traitement. Parfois certains inédits ne devraient pas passer l'Atlantique, pour que certaines filmographies ne soient pas entachées.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Novembre 2006
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