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     DvD
 

COFFRET DAVID CRONENBERG

FRISSONS
Un film canadien de David Cronenberg
Avec Paul Hampton
Joe Silver
et Lynn Lowry
Metropolitan Film - 1976 - 1h24

RAGE
Un film canadien de David Cronenberg
Avec Marilyn Chambers
Joe Silver
et Patricia Cage
Metropolitan Film - 1977 - 1h27

Bonus
- Commentaires audio
- Interviewes de David Cronenberg
- Filmographies
- Bandes annonces
- Documentaire "Autour de Marilyn Chambers"

Réunis dans un coffret, les deux premiers films de David Cronenberg sont comme deux manifestes symptomatiques d'une époque et annonciateurs de la carrière à venir d'un cinéaste atypique.


FRISSONS : dans un luxueux complexe résidentiel, une étrange créature protéiforme pénètre les habitants, les transformant en hédonistes furieux qui cherchent à se multiplier. Rapidement, un médecin tente de s’opposer à l’invasion.

RAGE : à la suite d’un accident de moto qui nécessita une greffe, une jeune femme devient porteuse d’un virus qui s’apparente à la rage et qui la pousse à contaminer ses semblables.

Frissons (1976) et Rage (1977) sont les deux premiers films de David Cronenberg, mais non rien d’une préhistoire. Ce sont même de bons livres de recettes pour comprendre et décrypter la manière Cronenberg et son obsession de l’organique et de la chair vive. Une obsession qui traverse de part en part sans discontinuer une filmographie pour le moins régulière, indépendante et hors norme.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je vis relativement mal mes rencontres avec les films du Canadien. Ici, même si le produit semble avoir dépassé une certaine date de consommation (Frissons et Rage sont le produit de l’époque 70 autant dans leur traitement que dans leur thème : moquettes marron et sexualité extravertie), la digression maladive de la chair comme entité vivante et indépendante est au moins aussi troublante que dans le plus masochiste de ses films, Crash.

Au-delà des interrogations sur la société occidentale, c’est sur notre civilisation que Cronenberg nous questionne, et sur sa vacuité. Que ce soit la rage qui se répand ou une subite libido, les ravages sont immédiats sur un monde qui s’est construit autour de la grégaire idée de masses consommantes. Grand admirateur de Romero, Cronenberg fait ici ses deux Nuit des morts-vivants comme s’il fallait transmettre aussi cette question de notre propre concentration aux générations futures. Sous les lattes du fantastique s’est toujours profilée l’ombre de nos réalités quotidiennes comme le cauchemar est une évacuation des sombres idées. Avec le gore, sorte de pornographie du genre (dans le sens où la pornographie serait une présentation anatomique de l’érotisme), Romero, Cronenberg, puis plus tard l’école Wes Craven déguisent à peine le propos sous un jour pas moins sanglant.

Cette réunion de Frissons et de Rage dans le même coffret s’accompagne de deux documentaires sur le maître et d’un documentaire sur Marilyn Chambers que Cronenberg alla chercher pour incarner l’origine du mal de Rage alors même que la star montante du porno californien sautait de succès en succès (Derrière la porte verte, entre autre chef-d’œuvre organique, onaniste et orgasmique). La chair, toujours la chair.

Le tout est un vade-mecum complet et précieux à l’usage du petit débutant qui ne cherche qu’à s’instruire.


Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Mai 2004
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