Un film indien de Sanjay Leela Bhansali
Avec Shahrukh Khan
Madhuri Dixit
Aishwarya Rai
et Jackie Shroff
TF1 Video - 2002 - 2h55
Bonus
- Le cinéma en Inde
- Regards croisés sur la danse
- Le Bharata Natyam (danse classique indienne)
- Interviews du réalisateur et des acteurs
- Scène finale du film comparée à
une version antérieure
- Galerie de photos
Tiré
d’un roman considéré comme un classique
en Inde, Devdas permet de découvrir un genre de cinéma
où la passion est malheureuse et les danses endiablées.
Pour apprécier Devdas, deux qualités sont nécessaires
: l’innocence et la curiosité. Si vous commencez
à regarder un film indien de Bollywood (c’est-à-dire
de Bombay) où il s’en produit à peu près
1 000 par an en espérant voir une comédie avec
Christian Clavier ou un film psychologique à la André
Téchiné, vous risquez d’être déçu.
Devant Devdas, vous devez retrouver votre âme d’enfant,
celle qui pousse à écouter et à croire
même les histoires les plus folles. Mais après
tout, c’est l’essence de la fiction que de nous
faire croire aux contes. L’histoire de Tristan et Iseult
commence par cette phrase : "Seigneur, raconte-nous une
histoire d’amour et de mort." Ce qui est à
la base de la culture occidentale vaut pour la culture indienne
et Devdas nous le prouve.
La belle Paro et le jeune Devdas s’aiment depuis l’enfance.
Ils sont presque logiquement destinés l’un à
l’autre. Devdas qui a été envoyé
à Londres revient dans sa famille. Mais les choses ne
se passeront pas comme les amants le souhaitaient. Les plus
belles histoires d’amour, comme nous le savons tous, sont
les plus contrariées. La passion se nourrit d’obstacles.
Et dans ce film de 2 heures 55, il y en a des obstacles. Des
embûches et des traîtres. Car nous sommes dans un
mélo comme on n’ose plus en filmer depuis des décennies.
Souvent, quand nous regardons un mélo, nous sommes émus
parce que nous avons envie de l’être, tout en pensant
que ce que nous regardons est "trop" ! Dans Devdas,
il y a énormément de jouissance à en faire
trop. Ce film est comme une malle bourrée de tissus multicolores.
On y pleure, on y boit, on y danse à l’excès.
On y côtoie des belles-sœurs fourbes, des amis ivrognes
et des prostituées aussi sublimes que des saintes. Les
danses et les chants qui ponctuent l’action sont des respirations
nécessaires qui enthousiasment par leur profusion et
la débauche de couleurs.
Le réalisateur Sanjay Leela Bhansali nous tient en haleine.
Par rapport à lui, Claude Lelouch semble filmer en fauteuil
roulant. Et vas-y que la caméra virevolte et vas-y que
je te filme des scènes en contre-plongée dans
des escaliers plus grands que ceux d’un Opéra National.
On notera que la fin du film est d’une beauté esthétique
à couper le souffle !
Quant aux acteurs, ils sont comme beaucoup d’entre nous,
plus doués pour le malheur que pour le bonheur. Un peu
niais quand ils miment l’amour, ils donnent toute leur
énergie lorsqu’il s’agit de pleurer. Entre
parenthèses, à force de pleurer, ils ont tous
les yeux rouges.
Aishwarya Raï qui interprète Paro, a été
élue Miss Monde en 1994 avant de se lancer dans la comédie.
Elle est effectivement d’une beauté incroyable…
Jusqu’à ce qu’apparaisse Madhuri Dixit, Chandramuki,
la prostituée, qui aime à la folie ce couillon
de Devdas. Couillon, parce que deux femmes sublimes languissent
après lui et, lui, fait tout pour rater sa vie…
Madhuri Dixit est également d’une beauté
renversante.
Ce film rappelle les desserts très sucrés que
l’on mange dans les restaurants indiens. Hypercalorique
mais tellement bon.