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     DvD
 
AMERICAN DREAMZ

Un film américain de Paul Weitz
Avec Dennis Quaid
Hugh Grant
Mandy Moore
et Chris Klein

Universal - 2006 - 1h43
Le réalisateur d’American pie aime surprendre. Il l’avait fait avec le tendre Pour un garçon et le lucide En bonne compagnie. Loin de la libido adolescente, Paul Weitz décortique les us et coutumes de ses contemporains. Loin d’être un moraliste, il a le mérite d’affirmer quelques vérités pas toujours plaisantes. C’est ce qu’il fait dans la bonne humeur avec American Dreamz, une comédie inégale mais avisée sur l’état de la société américaine.


Hugh Grant joue le sale type avec un délice communicatif. Il est un ignoble producteur de télévision et cherche l’idée géniale pour redonner un peu d’élan à son programme phare de télé réalité, American Dreamz. Il décide de faire un casting délirant d’apprentis chanteurs et convoque comme jury, le président des Etats-Unis, complètement déprimé…

C’est du grand n’importe quoi, mais American Dreamz est un reflet déformant de la société de consommation, hystérique et dangereuse. C’est de la grosse caricature : le président pas futé, le producteur cynique, la blonde arriviste, le soldat bas du front, des politiciens véreux et des terroristes amateurs de jacuzzi.

Le réalisateur les rend pourtant très convaincants. Que ce soit la manipulation politique ou la manipulation pour mettre en avant une candidate rentable, le spectateur est désormais habitué aux combines du milieu politique et de l’univers du showbiz. Paul Weitz a la noble intention de dénoncer l’infâme médiocrité qui fait crever la démocratie.

L’intention est louable, mais hélas le cinéaste n’est pas à l’aise avec sa multitude de personnages. La cible centrale du film c’est le fameux système de "pipolisation". Si les arguments sont convaincants, le développement laisse à désirer. Le film n’a pas vraiment de rythme. Le réalisateur n’ose jamais mordre à pleines dents ses nombreuses victimes. Corrosif, voilà l’adjectif qui aurait été parfait pour décrire ce jeu de massacre. Il faut pourtant se résoudre à utiliser le terme gentillet !

Heureusement il y a un casting qui s’amuse beaucoup. Hugh Grant est visiblement ravi d’être odieux. Dennis Quaid parodie la bêtise de ses dirigeants. La chanteuse Mandy Moore se moque de son image de bimbo… Bref, tout le monde s’amuse et ce rêve américain peut, certes, s’oublier mais reste néanmoins très sympathique.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Décembre 2006
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