Une série américaine
de par John Harrison
Avec William Hurt
4h30
Alors
que Le seigneur des anneaux fait fureur dans les salles comme
dans les librairies, il est bon de se rappeler que Tolkien n'est
pas le seul à avoir réussi à créer
un univers imaginaire, source de rêves et de cauchemars,
inspirant de nombreux artistes en tout genre.
Dune, de Frank Herbert, est également un livre culte
pour beaucoup, et comme tout livre culte, il est difficile de
le porter à lécran. Contrairement à
David Lynch, dont l'adaptation cinématographique, en
1984, avait été quelque peu laborieuse, John Harrison
a opté pour une mini-série de 4h30 afin de rester
fidèle au roman et d'en exploiter la richesse.
Sur ces points, le pari a été gagné : l'univers
de la planète où réside l'épice
et où se cachent les Fremen, isolés dans le désert
et tentant de résister aux Harkonnens, est plutôt
bien retranscrit. Harrisson, grâce à des palettes
graphiques spécifiques pour chaque étape du combat
et pour chaque lieu filmé, transpose avec succès
l'évolution de Paul Atréides, qui se mue en un
Messie charismatique et inattendu. Il sait aussi exploiter les
différents thèmes, toujours actuels, du livre
original : la famille, l'écologie, la corruption...
Toutefois, on sent bien qu'il ne s'agit ici que d'une série
: le rythme est haché, certains effets visuels sont bâclés
et le casting, hormis William Hurt, récemment vu dans
A.I., manque de fortes personnalités pour porter le film.
Reste qu'après ces considérations, qui sont surtout
visibles au cours des premières minutes, on s'habitue
à cet univers insolite, et au final, c'est plutôt
agréable et réussi... pour une série.