Documentaire
exceptionnel, diffusé dans un premier temps sur la chaîne
publique américaine PBS, No direction home est aujourd’hui
disponible en DVD.
No direction home appartient à une série de documentaires
intitulée "American Masters" qui a pour objet
d’éclairer la démarche artistique d’artistes
majeurs américains. La réalisation signée
Martin Scorsese, fait se croiser archives et interviews récentes
de Bob Dylan ainsi que de témoins de cette époque
tels que Joan Baez ou Allen Ginsberg.
Ce documentaire, qui se concentre sur le début de la
carrière de Bob Dylan, est un complément indispensable
aux Chroniques
- Volume 1, son autobiographie sortie en début d’année.
La première partie de No direction home s'attarde sur
les années d'apprentissage du jeune Dylan et ses premières
influences musicales (Woody Guthrie en tête). On le retrouve
ensuite confronté au foisonnement intellectuel, musical
et politique du Greenwich Village avant que Bob Dylan émerge
comme porte-parole de toute une génération au
travers de chansons comme Blowin’in the wind.
La seconde partie nous montre comment Bob Dylan s'est efforcé
d'échapper à son étiquette de "protest-singer".
Cette évolution ayant des incidences notables, telle
que l'électrification de sa musique. Le documentaire
revient également sur la lassitude d'un artiste face
à la pression médiatique et à l'incompréhension
d'une partie de son public. En conclusion, le célèbre
accident de moto subit par Bob Dylan est présenté
comme une délivrance.
Côté archives, les films d'époque sont de
toute beauté. Citons notamment les extraits d'émissions
télévisées datant de 1963 et 1964 au cours
desquelles Dylan interprète certains de ses grands classiques,
les larges extraits du festival de Newport en 1963 (avec Joan
Baez), ainsi que les splendides images de la tournée
de 1966. Dans ces dernières, on perçoit nettement
la réaction hostile d'une partie du public "folk"
lorsque Dylan électrise son répertoire.
A l’image de l’Anthology des Beatles, le film est
surtout descriptif : ainsi sont abordés l'importance
du mouvement folk et de Dylan lui-même, le tout avec en
toile de fond le contexte politique et social de l'époque.
Côté interview, Bob Dylan fait preuve d’un
humour dévastateur et glisse quelques phrases perspicaces
qui éclairent sur sa démarche artistique.
Enfin, les bonus offrent la possibilité de pouvoir accéder
directement à l'ensemble des passages chantés
par Bob Dylan dans le film et en particulier à huit titres
que l'ont peut apprécier dans leur intégralité.
Amateurs et néophytes seront comblés par cet excellent
documentaire.