Untitled Document
 

     DvD
 
L'ECHINE DU DIABLE

Un film espagnol de Guillermo Del Toro
Avec Marisa Paredes
Federico Luppi
Eduardo Noriega
Fernando Tielve

StudioCanal - 2001 - 1h43

Bonus

- Making of
- Interviews
- Effets spéciaux commentés
- Bandes annonces
Nouveau petit maître du fantastique, Guillermo Del Toro mérite la plus grande reconnaissance. Avant Le labyrinthe de Pan, le cinéaste s'était déjà essayé à une œuvre fantastique poétique. C'était déjà un chef d'oeuvre !


Revenu des Etats-Unis, Guillermo Del Toro tente d'oublier le difficile accouchement de Mimic, petit film d'horreur assez réussi. Aidé par Almodovar, le réalisateur se lance dans une production plus humble et européenne.

Toute la sensibilité de l'auteur va éclater dans ce long-métrage, L'échine du diable. Pour Guillermo Del Toro, le cinéma fantastique, c'est bien plus que des effets spéciaux et des sursauts. L'ancien maquilleur se livre au fil de ses films. Sa façon de filmer d'étranges créatures est bien singulière. Il y a une vraie intimité entre le réalisateur et ses films. Il est l'opposé d'un faiseur. Chacun de ses films cache une réflexion touchante.

L'échine du diable est en apparence un film de fantôme. Dans un orphelinat, isolé en Espagne durant la guerre civile, les enfants sont terrorisés par Jacinto, un homme à tout faire, aigri. Arrive, Carlos, gamin futé de douze ans. Il découvre rapidement qu'il y a plus inquiétant que le concierge de l'établissement. En effet, la nuit, le fantôme d'un jeune garçon apparaît. Effrayé, Carlos va tenter de communiquer avec lui...

"Qu'est qu'un fantôme ? Une tragédie condamnée à se répéter indéfiniment." Voilà la définition de l'ectoplasme selon le réalisateur. Elle résume parfaitement l'approche originale du sujet par Guillermo Del Toro.

Ce dernier a une profonde admiration pour les monstres. Cela se confirmera avec le pétaradant Blade 2 et le surprenant Hellboy. Il aime la marginalité, la différence de ces personnages. Rapidement, le petit fantôme devient un personnage pathétique, une victime apeurée plutôt qu'une créature angoissante.

La monstruosité n'est pas là où on l'envisage. Les humains sont plus dangereux que les fantômes. En pleine guerre civile, les monstres sont partout, portent des uniformes ou sont prêt à tout pour quelques pièces d'or.

L'orphelinat devient un endroit presque rassurant pour les enfants. En opposant l'Histoire à la solidarité des gamins, Guillermo Del Toro offre de beaux moments de poésie. L'enfance réinterprète la cruauté du monde. L'orphelinat a d'abord des allures de prison puis il devient un château pris d'assaut.

En se plaçant à la hauteur des enfants, le cinéaste modifie le mythe fondateur du fantôme et compose un magnifique conte mélancolique. L'échine du diable est une œuvre indispensable et son DVD profite d'une très belle édition. Si vous ne le possédez pas, le diable vous titillera !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Novembre 2006
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés