Un film américain de Kurt Wimmer
Avec Christian Bale
Taye Diggs
Emily Watson
et Sean Bean
TF1 Video - 2002 - 1h47
Bonus
- Le commentaire audio du réalisateur
- Le Making Of du film
- Les bandes-annonces en vf et vost
- Les galeries de photos
Pourquoi
un film de science-fiction aussi brillant, entre Matrix et 1984,
n'a-t-il pas connu le succès en salle qu'il méritait
? Séance de rattrapage avec la sortie en DVD.
Le monde d'Equilibrium est celui où la guerre n'existe
plus. Mais c'est aussi un monde où les émotions
ont été éradiquées parce qu'elles
sont considérées comme étant responsables
des guerres. Enfin, toute expression artistique (livres, peintures,
musiques) est interdite car l'art provoque des émotions
et donc des guerres selon la logique de leur Big Brother à
eux. Ce rapprochement n'est pas le seul à pouvoir être
fait : Equilibrium s'inspire de Bradbury et d'Orwell avec bonheur.
Mais si la guerre au sens large n'existe plus, une résistance
s'est malgré tout organisée pour maintenir au
moins une trace des formes artistiques du passé et conserver
ce qui est le propre de l'homme, à savoir les émotions,
les sentiments en refusant de prendre leur dose journalière
de Prozium (une drogue à s'injecter soi-même pour
être le parfait légume-mouton). C'est là
qu'intervient le terrible Grammaton Cleric, soit l'instrument
d'application de la Loi. Ses officiers, appelés les Ecclésiastes
(cleric en V.O.), pourchassent les résistants pour les
exécuter.
John Preston (Christian Bale) est un de ces Ecclésiastes
et un des plus haut fonctionnaire du Grammaton Cleric. Il soutient
le gouvernement et abat sa ration de contrevenants sans aucun
état d'âme (normal, c'est le but recherché)
jusqu'au jour où sa dose personnelle de Prozium lui échappe
des mains et se brise. De là, il ne prendra plus jamais
cette drogue, pour finir par se révolter contre le système...
Ce film n'est pas engagé politiquement (selon les termes
de Wimmer lui-même), même si on aperçoit
les portraits de Staline puis de Saddam Hussein au début
du film. Il s'agit en fait d'un pur film de science-fiction.
En effet, même si Libria est un monde totalitaire, il
s'agit d'une anticipation du devenir possible de notre planète
: après une troisième guerre mondiale, les hommes
ont décidé de contenir leurs instincts meurtriers,
haineux en les supprimant au moyen d'une drogue. Mais c'est
aussi un film magnifique sur la découverte par un homme
de ses émotions et de sa sensibilité.
Enfin, c'est un pur film d'action avec les nombreuses scènes
de combat qui s'égrènent tout au long du film.
Ces scènes n'ont d'ailleurs rien à envier à
celles de Matrix grâce au Gun kata. Il s'agit d'un art
martial crée pour le film par le réalisateur lui-même
qui mêle les techniques de tir occidentales à des
techniques d'arts martiaux orientaux.
Si on se surprend à comparer les deux films (Matrix et
Equilibrium), c'est uniquement une question d'esthétique
(costumes, décors) car le propos développé
par Equilibrium est beaucoup plus clair, plus efficace et bien
mieux mis en scène malgré un budget de 20 millions
de dollars (comparé au budget faramineux d'un Matrix
2, c'est de la petite bière).
La question du début reste donc sans réponse.
Ce film aurait dû faire un carton, mais aussi bien aux
Etats-Unis qu'en France, il a été pénalisé
par une distribution en salle assez légère, alors
que ce film réussit le pari de combiner intelligemment
l’action avec le scénario, ce que peu de films
de science-fiction arrivent à accomplir. Enfin, son message
est universel : l’interposition d’un gouvernement
(ou autres structures) à l’encontre d’une
liberté, même pour éviter une guerre, n’est
pas concevable !
Concernant le DVD, presque rien à dire concernant l'image
; le son est formidablement restitué en DTS ; les menus
sont soignés. Malheureusement, en raison de son échec
commercial, les suppléments sont assez minces. Malgré
cela, le commentaire audio de Kurt Wimmer est intéressant,
mais le making-of de moins de 5 minutes nous laisse un peu sur
notre faim. Enfin, on trouve une bande-annonce, une galerie
de photos et un lien internet. Bref, pas grand-chose…