Un film indien de Ram Gopal Varma
Avec Ajay Devgan
Urmila Matondkar
Nana Patekar
Liyaqat Qureshi
et Fardeen Khan
Bodega Films - 2003 - 1h52
Bonus
- Bandes-annonces
Si
le cinéma indien trouve sa place sur le grand écran,
en cette année de l’Inde, les grands succès de
Bollywood s’exportent avec facilité en DVD. Cela permet,
par exemple, de découvrir Bhoot, un film atypique de la production
indienne et c’est peut-être là le problème
!
Le film de Ram Gopal Varma n’a rien d’un film indien.
Par exemple, il n’y a pas de longs passages musicaux ! Le film
est d’une durée tout à fait correct : il fait
moins de deux heures et cela relève de l’exploit pour
un produit de Bollywood.
Encore plus incroyable : dans Bhoot, il n’y a pas de tragique
histoire d’amour. Il est bon de le remarquer. Bhoot est un film
indien sans roucoulade, sans sentiments mielleux, sans acteur lacrymal.
Bhoot serait "hardcore" pour Bollywood. Les auteurs s’intéressent
à un genre peu prisé là-bas : le film d’épouvante.
Ayant remarqué le véritable effet de mode lancé
par le succès de The ring (la version japonaise bien entendu),
le réalisateur Ram Gopal Varma "tandoorise" les clichés
du genre. Un petit couple bien sous tout rapport s’installe
dans un immeuble lugubre à Bombay. Il faut dire que le dernier
locataire de l’appartement s’est suicidé. Le gardien
est peu aimable. La voisine ne tourne pas rond. La bonne est limitée.
Bref, il ne faut pas être cardiaque dans cet immeuble.
D’autant que des fantômes squattent l’appartement
des nouveaux arrivants. Ça leur donne d’abord quelques
sueurs froides, puis la jeune femme du couple est possédée
par un esprit qui pourrait révéler un terrible secret…
Au début, le réalisateur déconseille le film
aux femmes enceintes et aux personnes cardiaques. Son but est de faire
peur. Ne vous inquiétez pas : il n’a pas l’air
au courant des ressemblances de son film avec L’exorciste, réalisé
trente ans plus tôt.
Il recycle donc les recettes du classique de William Friedkin. Il
dispose aussi de toute l’horreur urbaine apparue dans The ring,
The grudge et tous les autres films asiatiques avec des fantômes
d’enfants aux cheveux gras.
Au début, c’est amusant d’observer le lifting indien.
Puis, en accumulant les stéréotypes, le film finit par
ennuyer. Cela a beau se passer en Inde, cela reste une histoire racontée
mille fois ! Plus que la peur, à la fin, survient le regret
des trois heures syndicales de métrage et les chorégraphies
endiablées !