KING
GEORGE
Un magnifique concert donné le 29 novembre 2002 au Royal
Albert Hall par une pléiade d'invités prestigieux,
en hommage à George Harrison.
Le 29 novembre 2002, un an jour pour jour après la
mort de George Harrison, ses amis lui rendaient hommage en
interprétant sa musique, lors d'un concert au Royal
Albert Hall de Londres. La liste des artistes réunis
à cette occasion est pour le moins impressionnante
: Eric Clapton (à l'origine du projet), Paul McCartney,
Ringo Starr, Tom Petty, Jeff Lynne, Billy Preston, Gary Brooker,
Ravi Shankar et Jools Holland, pour ne citer que les plus
connus.
Pas de pathos !
Les grands concerts de ce type, organisés pour rendre
hommage à un "cher disparu", souffrent souvent
d'un grand défaut : ils sombrent dans le pathétique,
et s'y succèdent les mines défaites des amis
qui pleurent avec grandiloquence la perte d'un être
irremplaçable. Harrison n'aurait certainement pas apprécié
cela, et Clapton le savait. C'est donc un hommage presque
joyeux qui lui est donc rendu, et même franchement comique
lorsque les Monty Python arrivent pour l'entracte : Michael
Palin se lance dans un discours-hommage ridicule, avant de
s'interrompre pour entonner The lumberjack song (la délicieusement
stupide "chanson du bûcheron"). George Harrison
était convaincu que les Monty Python étaient
la prolongation "années 70" de l'esprit des
Beatles, et les avait souvent soutenu financièrement,
produisant leur film La vie de Brian.
De la musique, pas de grands discours
Illustration de l'amour infini de George Harrison pour la
musique indienne, le concert avait débuté avec
Arpan ("l'offrande"), un morceau composé
par Ravi Shankar, interprété par sa fille Anoushka
et un grand orchestre indien et occidental. S'y intercalait
une splendide version de The inner light, composé par
Harrison en 1968, ici interprété par Jeff Lynne,
le producteur de ses derniers albums. Puis après l'intermède
"pythonesque", les amis de George se succédèrent
au micro pour chanter ses plus grandes compositions, sans
grands discours, au sein d'un groupe qui compte jusqu'à
quatre batteurs et pas loin d'une dizaine de guitaristes,
dont le fils de George Harrison, Dhani, présent quasiment
tout le long du concert à la guitare acoustique.
Malgré cette pléthore de musiciens, le son
de l'ensemble reste cohérent et sans lourdeur. Clapton
s'approprie avec aisance le répertoire de Harrison,
et Tom Petty, avec sa voix traînante et nasillarde,
campe un Taxman particulièrement diabolique, avant
d'enchaîner avec une version beaucoup plus tendre de
I need you. Puis arrive Ringo Starr, qui chante Photograph,
son tube co-composé avec George, et Honey don't, de
Carl Perkins (idole du guitariste des Beatles). Ringo annonce
alors Paul McCartney, qui interprète Something à
l'ukulélé (instrument fétiche de George
Harrison), de la même manière que lors de sa
tournée mondiale, avant que Clapton ne reprenne la
chanson dans son arrangement original. McCartney enchaîne
avec deux reprises, "originales" cette fois, For
you blue (blues léger extrait du dernier album des
Beatles, Let it be), et All things must pass (titre du superbe
triple album du même nom). Puis il passe au piano pour
y jouer While my guitar gently weeps, sur laquelle Eric Clapton
chante, et y joue bien sûr le solo, comme sur la version
originale des Beatles. Après My sweet Lord, chanté
par Billy Preston (qui avait déjà repris ce
titre en 1970), tous les artistes reviennent enfin pour interpréter
Wah wah, avant de rester en retrait, pour laisser Joe Brown
chanter à l’ukulélé une vieille
mélodie de l’entre-deux-guerres, I’ll see
you in my dreams, tandis qu’une pluie de confettis descend
du plafond du Royal Albert Hall. Une fin parfaite pour un
concert qu’aurait sans doute apprécié
George Harrison…
Le premier DVD présente le concert dans son intégralité,
et le second reprend la version cinéma du "Concert
for George" sortie à la sauvette dans quelques
salles d’Europe et des Etats-Unis ; les chansons y sont
entrecoupées d’interviews des participants. En
bonus, on trouvera des mini-sujets sur l’orchestre de
Ravi Shankar, les Monty Python et les répétitions
du groupe. Une sortie en double CD est également prévue.
Yann Darson
© Jowebzine.com - Décembre 2003
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