Un film américain de Stephen Frears
Avec John Cusak
Jack Black
et Catherine Zeta-Jones
Touchstone Home Video - 1h49
Bonus
- Conversation avec John Cusack
- Conversation avec Stephen Frears
- Scènes supplémentaires
Si
Stephen Frears avait été musicien et avait voulu faire
un tube, il ne sy serait pas pris autrement. Un texte (des dialogues)
drôle et gentiment impertinent, un sujet universel sil
en est (les difficiles relations hommes/femmes), et une musique puisée
aux meilleures sources rock. Rien que de très normal, en fait,
pour une adaptation cinématographique du roman du très
british et très rocknroll Nick
Hornby, le chantre des quadras attardés qui nont
pas complètement achevée leur mue post-adolescente.
On ne jouera pas au jeu des 7 erreurs en comparant le livre
et le film. Sachez seulement que le Londres de Nick Hornby est
devenu Chicago dans le film. Pour le reste, lesprit est
respecté et John Cusak interprète un Rob somme
toute assez crédible en disquaire "puriste"
patron dune boutique minable au fond dun quartier
perdu, aidé (?) par 2 vendeurs un peu particuliers,
qui passent le plus clair de leur temps à refuser des
ventes à des acheteurs qui ne méritent pas les
disques quils souhaitent acquérir !
Lautre passe-temps préféré de Rob,
cest de faire des listes, des classements, des Top 5.
Le Top 5 des métiers les plus géniaux à
exercer, le Top 5 des meilleures face A, le Top 5 des chansons
à passer pour un enterrement Mais le véritable
fil conducteur du film, cest le Top 5 de ses ruptures
les plus douloureuses, prétexte à un retour en
arrière de quelques années et au passage en revue
de ses échecs sentimentaux. Le résultat est plutôt
amusant, sans prétention mais bien construit, alternant
les scènes de ménage, les scènes musicales
et les interventions face-caméra de John Cusak, à
la fois acteur et narrateur. De la post-adolescence à
la trentaine entamée, High fidelity nous fait revisiter
les amours malheureux de Rob, alternant passade et amour fou,
passion délirante et amourette dilettante, au nombre
desquelles on remarquera une Catherine Zeta-Jones débutante
mais déjà prometteuse.
Mais surtout, à y regarder de plus près, High
fidelity est un fidèle reflet de la différence
(biologique) de perception de la vie quil y a entre les
hommes et les femmes. Chaque expérience évoquée
(du point de vue de Rob) laisse le spectateur masculin en totale
empathie et aussi désemparé que notre héros.
En désespoir de cause, on en viendrait presque, comme
lui, à envisager la vie comme un prétexte permanent
à établir des Top 5. Par exemple, pour ce qui
me concerne, le Top 5 des raisons pour lesquelles "ça
nest pas possible entre elle et moi" : en 1, je mets
Ah, jen vois deux ou trois qui y ont cru ! Non, High fidelity,
cest du cinéma, seulement du cinéma et les
Top 5 ne constituent pas une thérapie très efficace.
Vous pouvez me croire, jai essayé juste après
le film !