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     DvD
 
HUDSON HAWK

Un film américain de Michael Lehman
Avec Bruce Willis
Danny Aiello
Andie McDowell
et James Coburn

Columbia - 1991 - 1h40

Bonus
- Scènes coupées
- Entretiens
- Clip
Accusé d’être le film le plus nul du début des années 90, Hudson Hawk, projet personnel de Bruce Willis, a gagné son titre d’œuvre culte parce que mal-aimée. Une nouvelle édition rend hommage à ce film excessif et généreux.


J’avais une quinzaine d’années. Bruce Willis était mon idole. En même temps qu’il faisait exploser le Nakatomi Plaza dans Piège de cristal, il faisait éclater définitivement ma passion pour le cinéma. Évidemment, j’aurais aimé dire que ma cinéphilie provient de la découverte des œuvres d’Eisenstein, mais c’est ainsi.

Donc, autant vous dire qu’après Piège de cristal, impossible de critiquer une œuvre avec le comédien. Lorsque Hudson Hawk sort, la critique assassine le film et mon idole déçoit le monde entier. Pourquoi tant de haine ?

Bien sûr Hudson Hawk n’est pas un chef d’œuvre maudit. Juste une comédie d’aventures débridée. C’est vrai que Bruce Willis ne trouve pas son meilleur rôle : il passe tout le film avec le sourire en coin pour interpréter un voleur, obligé de reprendre du service pour sauver son meilleur ami d’un couple de milliardaires azimutés.

Le scénario suit le cahier des charges. Les poursuites se multiplient. Les blagues se succèdent avec plus ou moins d’inspiration. Les scènes d’actions sont rondement menées et à la fin, le héros part avec la fille sous le bras et la fierté d’avoir sauvé le monde d’un horrible désastre.

Produit standardisé, Hudson Hawk, avec le temps, a tout de même du charme. Parti d’un délire de fin de soirée (l’entretien dans le DVD avec Willis et son producteur est passionnant), le film est un objet assez improbable où Leonard de Vinci peut provoquer la fin du monde, où les voleurs répètent les classiques du jazz pendant leurs forfaits, où le Vatican a des agents secrets assez sexy…

Le film brasse des références à tour de bras et tente de les lier. C’est parfois ridicule. Même navrant. Mais, à l’image des acteurs, la décontraction et l’énergie opèrent. Au second degré, le film peut même se voir comme une parodie des films d’action hollywoodiens.

Réalisateur de l’excellent Fatal games, qui dynamitait les comédies teenagers, Michael Lehman avait sûrement envisagé le film ainsi. Quinze ans après sa sortie, Hudson Hawk est toujours aussi débile (le fameux Bunny ball ball) mais son ironie est plus visible. Quinze ans après, suite à la vision de ce DVD bien fourni, je ne comprends toujours pas : pourquoi tant de haine ?


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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