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INFERNAL AFFAIRS

Un film de Andrew Lau et Alan Mak
Avec Andy Lau
Tony Leung
Anthony Wong
et Eric Tsang

Studio Canal - 2002 - 1h36

Bonus
- Interviews
- Making of
- Scènes ratées
- Fin alternative
- Bandes-annonces
Hong Kong n’a plus les faveurs du public mondial. Après les révélations de Tsui Hark, John Woo ou Ronny Yu, la relève s’est faite plus discrète. La Corée du Sud a réussi à vendre à travers le monde des films efficaces. Le Japon a confirmé ses talents. Depuis la rétrocession à la Chine, Hong Kong souffre d’une longue gueule de bois. Infernal affairs est l’arbre qui cache magnifiquement la forêt.


Productions médiocres, auteurs exilés en Amérique, le géant Tsui Hark en panne d’inspiration, rien ne va sur l’ancienne colonie anglaise. En s’associant, les cinéastes Andrew Lau et Alan Mak ressuscitent le genre qui a fait la gloire de ce cinéma local : le polar noir !

En apparence, l’histoire est classique : amitié et trahison chez les flics et les voyous. Yan et Ming ont fait la même école de police. Yan est renvoyé. C’est un leurre. Il devient un spécialiste de l’infiltration dans les triades. Seul un supérieur connaît sa véritable identité.

Ming brille dans la police. Irréprochable, le flic a pourtant juré fidélité à Sam, un chef de triade qui compte sur lui pour déjouer les pièges de la police. Armés de leur téléphone, les deux taupes vont donc passer le plus clair de leur temps à se neutraliser.

Infernal affairs a toutes les qualités des polars de Hong Kong. Moderne, le film est un cauchemar urbain où les policiers et les truands sont complètement paumés. Pas de salauds. Pas de gentils. Rien n’est lisse.

Les auteurs appuient sur les ambiguïtés. Les membres de la triade agissent comme une famille unie. La police ressemble à un panier de crabes avec ambition décomplexée et rancune tenace. Au milieu de ça, il y a deux hommes qui font le grand écart.

Le flic est respecté, mais accepte mal son mensonge de plus en plus lourd. La taupe dans la mafia ne supporte plus l’impossibilité d’une vie normale. Ces troubles font naître une subtile mélancolie. C’est l’état d’âme des personnages qui fabrique un beau suspense et non les conflits. En décrivant les petits riens de l’existence pathétique des deux espions, les auteurs réinventent le genre et égratignent la notion d’héroïsme.

Dans ce polar nerveux, le plus impressionnant reste cette facilité d’iconiser des figures stéréotypées. La classe incroyable d’Andy Lau et le mutisme romantique de Tony Leung y sont pour beaucoup. Le charme de ces deux-là permet aux personnages d’aller au-delà de leur fonction et des artifices du genre. C’est là, la vraie magie du polar hongkongais. Quand il est inspiré, ce cinéma est vraiment le plus exaltant !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Décembre 2006
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